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Arabie: Une année de répression sanglante, selon Amnesty

Arabie: Une année de répression sanglante, selon Amnesty
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L’année qui vient de s’écouler a vu le bilan sombre de l’Arabie en matière de droits humains se dégrader considérablement. L’exécution récente de 47 personnes en une journée, parmi lesquelles le cheikh Nimr al-Nimr, a provoqué une onde de choc dans la région.

Malgré la participation largement saluée des femmes aux élections municipales le mois dernier, la situation en Arabie saoudite a été marquée par la poursuite de la répression des personnes militant en faveur des droits humains, et le pays a mené une campagne dévastatrice de frappes aériennes au Yémen caractérisée par de graves violations du droit international humanitaire, dont des crimes de guerre.

«Des dizaines de prisonniers d’opinion sont toujours derrière les barreaux, et risquent de subir des sanctions et des mauvais traitements en raison de leurs activités pacifiques», a déclaré James Lynch, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

Arabie: Une année de répression sanglante, selon Amnesty

«Un nombre croissant de défenseurs des droits humains sont condamnés à des années de prison au titre de la loi antiterroriste de 2014, tandis que les alliés du Royaume soutiennent la répression menée au nom de la "guerre contre le terrorisme".» Parmi les nombreux détenus figure l'avocat de Raïf Badawi, Waleed Abu al Khair, premier défenseur des droits humains à être condamné à l'issue d'un procès inique au titre de la loi antiterroriste en vigueur depuis février 2014.

Parallèlement, les autorités se servent de cette loi pour mettre un frein à toutes les formes de militantisme, notamment en condamnant à mort des militants, comme le dignitaire religieux et opposant du gouvernement saoudien Nimr al Nimr qui a été exécuté avec trois autres militants samedi 2 janvier.

De même, l’Arabie continue d’interdire les associations indépendantes de défense des droits humains et d’incarcérer leurs membres fondateurs, condamnés à de lourdes peines pour création d’«organisations non autorisées». Tous les rassemblements publics, y compris les manifestations pacifiques, demeurent interdits aux termes d’un arrêté pris en 2011 par le ministère de l’Intérieur.

Parmi les nombreux détenus figurent les défenseurs des droits humains Abdulkareem al Khoder et Abdulrahman al Hamid, tous deux membres fondateurs de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), association indépendante désormais dissoute.

Ali al-Nimr, le neveu de Nimr al-Nimr, et les militants Dawood al Marhoon et Abdullah al Zaher avaient moins de 18 ans lorsqu’ils ont été arrêtés. Tous trois ont été condamnés à mort à l’issue de procès manifestement iniques, uniquement sur la base d’«aveux» qui leur auraient été extorqués sous la torture. Le tribunal a refusé d’enquêter sur leurs allégations de torture.

«Dans le cadre de la répression acharnée contre toute forme de dissidence, les autorités ont confirmé la condamnation à mort de trois personnes mineures au moment des faits qui leur sont reprochés, en violation flagrante du droit international et en se fondant uniquement sur les aveux des trois militants qui, selon eux, leur ont été arrachés sous la torture», a déclaré James Lynch.

«En outre, l’Arabie saoudite a intensifié sa frénésie d’exécution et a mis à mort au moins 151 personnes entre janvier et novembre 2015 – le plus lourd bilan depuis 1995. Près de la moitié des personnes exécutées l’ont été pour des crimes qui ne devraient pas, d’après le droit international, être passibles de la peine de mort.»

L’Arabie saoudite a également pris la tête d’une coalition militaire qui, depuis mars 2015, a lancé des milliers de frappes aériennes au Yémen. Ces frappes ont fait des centaines de morts parmi les civils et touché des infrastructures civiles, comme des centres de soins, des écoles, des usines, des centrales électriques, des ponts et des routes. Amnesty International a déterminé que ces frappes étaient fréquemment disproportionnées ou menées sans discrimination, et auraient parfois pris pour cible directe des civils ou des biens à caractère civil.

Source : sites web et rédaction

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