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Yémen: des frappes de la coalition ont visé des écoles (Amnesty)

Yémen: des frappes de la coalition ont visé des écoles (Amnesty)
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La coalition sous commandement saoudien a mené une série de frappes aériennes au Yémen visant des écoles, en violation du droit humanitaire international, et entravant ainsi l'accès à l'éducation de milliers d'enfants, a affirmé vendredi Amnesty International.

L'organisation de défense des droits de l'homme rappelle que les forces de la coalition sont armées par des pays comme les Yémen: des frappes de la coalition ont visé des écoles (Amnesty)États-Unis et la Grande-Bretagne et demande à tous les États de «suspendre tous les transferts d'armements» utilisés pour commettre des «crimes de guerre».

Dans un rapport intitulé «Nos enfants sont bombardés», Amnesty affirme avoir enquêté sur cinq frappes aériennes contre des écoles, entre août et octobre 2015, qui ont tué 5 civils et en ont blessé 14, dont 4 enfants.

Dans certains cas, les écoles ont été touchées plus d'une fois, ce qui donne à penser qu'elles étaient délibérément visées, ajoute l'organisation basée à Londres.

Même si des écoliers n'étaient pas présents au moment des attaques, les raids ont provoqué de sérieux dégâts ou des destructions qui auront des conséquences à long terme pour les enfants, déplore Amnesty.

Les dégâts ont en effet perturbé l'enseignement pour plus de 6500 enfants dans les provinces de Hajjah, Hodeida et de Sanaa. Aucune preuve n'a été trouvée dans les cinq cas, indiquant que les écoles étaient utilisées à des fins militaires.

Une population civile traumatisée

D’après l’UNICEF, au moins 34 % des enfants ne vont plus à l’école depuis le début de l'offensive contre le pays, en mars 2015.  D’après les chiffres communiqués à Amnesty International par le ministère de l’Éducation, installé à Sanaa, plus de 1 000 établissements scolaires ne fonctionnent plus : 254 ont été entièrement détruits, 608 l’ont été partiellement, et 421 servent d’abri aux personnes déplacées dans le pays par le conflit.

Ces frappes aériennes ont également terrifié la population civile et ont été traumatisantes sur le plan psychologique pour les élèves. 

«Nous vivons dans la peur. Aujourd’hui, j’ai vu un avion, j’étais terrifiée»,  a affirmé une enfant de 12 ans scolarisée à l’école d’Al Asma, dans le village de Mansouriya (Al Hudaydah), détruite en août par un bombardement de la coalition. 

La directrice d’un autre établissement de la ville de Hodeida, le campus Al Shaymeh réservé aux filles où sont inscrites quelque 3 200 étudiantes, a fait part de son émotion après que l’établissement eut été bombardé à deux reprises en l’espace de quelques jours, en août 2015. Aucune étudiante ne se trouvait sur le campus, mais un homme et une femme ont été tués. 

«Pour moi, toute humanité avait disparu. Attaquer, sans sommation, un établissement d’enseignement… Où se trouve l’humanité ? […] S’en prendre à ce type de lieu est censé être illégal en temps de guerre», a-t-elle dit.

 «Les écoles jouent un rôle central dans la vie civile, elles sont là pour offrir un espace aux enfants», a rappelé Lama Fakih, conseillère à Amnesty International.

Elle a qualifié de «consternante» la poursuite de transferts d'armements par les États-Unis et d'autres alliés de l'Arabie saoudite.

Les livraisons d'armes doivent cesser immédiatement

L’ONG a insisté sur la nécessité pour tous les États qui fournissent des armes à la coalition saoudienne, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, de suspendre de toute urgence tous les transferts d’armements utilisés pour commettre des violations du droit international, y compris des crimes de guerre. En novembre, Washington a annoncé une commande saoudienne comprenant 12 000 bombes de 200 à 900 kg, 1500 «bunker busters» qui peuvent pénétrer des cibles fortifiées ou souterraines, et 6300 bombes guidées de type Paveway II et Paveway III. Le contrat est évalué à près de 1,3 milliard de dollars.

Source : agences et rédaction

 

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