Bousculade à La Mecque: plus de 700 morts, Téhéran dénonce une «mauvaise gestion» de Riyad
Plus de 700 fidèles ont été tués et des centaines blessés dans une bousculade jeudi à Mina près de La Mecque. Il s’agit de la seconde tragédie meurtrière en 13 jours, qui démontre la «mauvaise gestion» de Riyad, selon l’imam Ali Khamenei.
Selon le dernier bilan fourni par la défense civile, 717 personnes ont péri et 863 ont été blessées dans la bousculade. Le décompte des victimes n’est pas encore terminé, le chiffre monte à un rythme bien rapide.
Riad semble d’autant plus incompétente qu’elle se désiste de ses responsabilités et impute l'incident mortel «au manque de
discipline des pèlerins».
Dans une première réaction officielle, le ministre de la Santé Khaled al-Faleh avait attribué la bousculade au «manque de discipline des pèlerins». Plus prudent, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Mansour Turki, avait ensuite recommandé de «ne pas devancer les conclusions de l'enquête», indiquant que «la grande chaleur et l'état de fatigue des pèlerins ont contribué au nombre important des victimes».
Le roi Salmane, qui a reçu en soirée les responsables du hajj, a dit attendre «au plus tôt» les résultats de l'enquête, ajoutant avoir ordonné «une révision des plans» d'organisation du pèlerinage pour que les fidèles «accomplissent leurs rituels en toute sécurité».
Selon la version officielle, la bousculade, qui a coïncidé avec la fête de l'Adha, la fête musulmane du sacrifice, s'est produite lors du rituel de la lapidation de Satan qui consiste, pour les pèlerins, à jeter des cailloux vers trois stèles le représentant. Un choc entre une marée humaine quittant l'une des stèles et une foule venant en sens inverse a provoqué le drame, dit un responsable du ministère de la Santé.
Ce responsable n’explique pas comment cette foule a pu entraver les prescriptions alors que cet endroit est durant le hajj bourré de policiers.
«Mauvaise gestion» de Riyad
Alors que la majorité des victimes sont des étrangers, l'Iran a fait état d'un bilan de «131 morts et 60 blessés» parmi ses ressortissants, a déclaré Saïd Ohadi, le chef de l'Organisation du pèlerinage iranien, cité par l'agence officielle Irna. «Il est possible que ce bilan augmente encore», a-t-il ajouté. Un précédent bilan faisait état de 90 morts.
Depuis New York où il doit participer à l'Assemblée générale de l'ONU, le président iranien Hassan Rohani a demandé au «gouvernement saoudien d'accepter ses responsabilités» dans cette catastrophe, selon Irna.
Avant lui, le leader de la Révolution islamique, sayed Ali Khamenei, avait imputé aux autorités saoudiennes la responsabilité de la bousculade, dénonçant une «mauvaise gestion» de Riyad.
Un deuil de trois jours a commencé vendredi en Iran.
Le grand mufti de Turquie, Mehmet Görmez, a indiqué que 18 pèlerins turcs étaient portés disparus. L'Algérie a fait état de trois
morts parmi ses ressortissants. Oman a fait état d'un disparu.
A l'étranger, la Maison Blanche, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, l'Allemagne, la France, le président du Conseil européen Donald Tusk et la Turquie ont fait part de leur tristesse et présenté leurs condoléances.
Seconde tragédie en 13 jours
Quatre hôpitaux ont été réquisitionnés, ainsi que 220 ambulances et des hélicoptères.
Dans un chaos indescriptible, les pèlerins étaient transportés les uns après les autres sur des brancards, tandis que des agents tentaient d'éloigner les badauds.
Des images vidéo montraient de nombreux corps inertes jonchant le sol ainsi que des affaires personnelles éparpillées, des chaussures et des parapluies, dont les pèlerins se servent pour se protéger du soleil.
Selon un pèlerin soudanais à Mina il s'agissait du hajj le moins bien organisé sur les quatre auxquels il a participé. «Les gens étaient déjà déshydratés et s'évanouissaient. Les pèlerins trébuchaient les uns sur les autres».
Des critiques sont lancées régulièrement concernant la sécurité des pèlerins.
Irfan al-Alawi, co-fondateur de l'Islamic Heritage Research Foundation, basée à La Mecque, affirme que le problème réside dans le contrôle des foules. «Ils ont essayé d'améliorer les installations, mais la priorité pour la santé et la sécurité passe toujours après», dit-il.
Ce drame est le deuxième à endeuiller des pèlerins musulmans cette année, après celui du 11 septembre durant lequel 109 personnes ont péri dans l'effondrement d'une énorme grue sur la Grande Mosquée à La Mecque.
La hajj, l'un des cinq piliers de l'islam, a débuté mardi et rassemble cette année environ deux millions de pèlerins selon des statistiques saoudiennes.
Source: agences et rédaction
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