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Mobilisation internationale pour sauver un jeune Saoudien menacé d’exécution

Mobilisation internationale pour sauver un jeune Saoudien menacé d’exécution
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Ali Al-Nimr a pu passer un bref coup de fil à ses parents, mercredi 23 septembre. Juste le temps de leur dire qu’il était toujours en vie. Depuis que la justice saoudienne a rejeté, mi-septembre, l’appel de ce jeune homme de 20 ans, condamné à la peine de mort en mai 2014 pour avoir participé à des manifestations dans l’est du pays, sa famille craint que son exécution soit imminente.

Les autorités saoudiennes n'annoncent pas à l'avance les exécutions, généralement pratiquées par décapitation au sabre. Mobilisation internationale pour sauver un jeune Saoudien menacé d’exécutionLes proches ne l’apprennent souvent que lorsque les autorités leur intiment l’ordre de venir chercher la dépouille. Cependant, des experts de l'ONU ont prévenu que le jeune homme pouvait être «exécuté à tout moment».

Mercredi, son père a appelé le roi Salmane à épargner la vie de son fils qui risque d'être exécuté pour avoir pris part, alors qu'il était mineur, à des manifestations réclamant des réformes dans le royaume wahhabite. Des experts de l'ONU, des capitales occidentales et des organisations de défense des droits de l'Homme ont également lancé des appels pour que Ali al-Nimr, âgé de 21 ans, ne soit pas mis à mort.

 «J'espère que le roi ne va pas signer» l'ordre d'exécution, a déclaré à l'AFP Mohammed al-Nimr, le père d'Ali. Il a mis en garde contre une réaction violente des membres de son clan, qui se concentre dans l'est de l'Arabie saoudite, en cas d'exécution de son fils. «Nous ne voulons pas de ça, nous ne voulons pas d'une seule goutte de sang versé», a-t-il affirmé.

L'impact d'une exécution serait d'autant plus important que le jeune condamné est le neveu d'un religieux influent, cheikh Nimr al-Nimr, qui est également dans les couloirs de la mort après avoir été condamné à la peine capitale.

Qui est Ali al-Nimr ?

Cheikh Nimr al-Nimr avait été l'un des animateurs du mouvement de contestation qui avait agité en 2011 la province orientale de l'Arabie saoudite réclamant des réformes. Il avait été condamné à mort pour «sédition, désobéissance au souverain et port d'arme» le 15 octobre 2014. Pour sa part, Ali al-Nimr avait été arrêté à 17 ans en février 2012 pour avoir manifesté contre les autorités. Les manifestations étaient alors quasi quotidiennes dans les régions de l’est du royaume. Pour Zena Esia, de l’European-Saudi Organization for Human Rights (Esohr), «Ali a été spécifiquement visé. Il a été arrêté après la manifestation, le soir, de façon violente. Une voiture de police lui a roulé dessus».

Mardi 22 septembre, des experts de l'ONU en droits de l'Homme ont demandé aux autorités saoudiennes d'annuler l'exécution, en exprimant de sévères critiques sur le processus judiciaire ayant conduit à sa condamnation. Pendant son interrogatoire, Ali Al-Nimr a été soumis à des tortures. Il avait le nez enflé et des dents cassées et il a signé des aveux, qui ne sont pas écrits de sa main. Il a été déféré devant le tribunal pénal spécial de Djedda, qui a condamné plusieurs militants politiques, à l’instar du blogueur Raif Badaoui ou de son avocat, Walid Abou Al-Khair. Il n'avait pu recourir à un avocat dans des conditions normales avant et pendant son procès, qui ne répondait pas aux normes internationales, selon ces experts.

De même, son interjection en appel a été traité «dans le mépris total des critères internationaux». «Toute sentence infligeant la peine de mort à des personnes mineures à l'époque du délit, ainsi que leur exécution, sont incompatibles avec les obligations internationales de l'Arabie saoudite», ont-ils conclu.

«La France est opposée à la peine de mort»

Le président français François Hollande a également demandé à l'Arabie saoudite, «de renoncer à l'exécution» du jeune homme. «La France est opposée à la peine de mort», a déclaré M. Hollande mercredi 23 septembre lors d'une conférence de presse à l'issue d'un Conseil européen sur les réfugiés à Bruxelles. «J'ai toujours rappelé que cette position ne variait pas, ne connaissait aucune exception et que pour nous tout doit être fait pour faire cesser ces exécutions partout, et notamment en Arabie saoudite», a insisté le chef de l'Etat alors que la France cultive des liens étroits avec le royaume.

 «Pétrodollars et politique l’emportent sur les droits de l’homme»

L’affaire alimente les critiques adressées aux Nations unies depuis qu’elles ont rendue publique, le 21 septembre, la nomination de l’Arabie saoudite à la tête du  comité consultatif» du Conseil des droits de l’homme. Comme l’a révélé l’ONG UN Watch, l’ambassadeur de Riyad auprès des Nations unies, Fayçal Trad, présidera ce comité.

Le « comité consultatif » est chargé de sélectionner les rapporteurs en charge de thématiques précises, dont les travaux servent de base au Conseil pour émettre des recommandations.

« C’est scandaleux que l’ONU choisisse un pays comme l’Arabie saoudite pour présider ce groupe, estime Hillel Neuer, directeur exécutif d’UN Watch. Les pétrodollars et la politique l’emportent sur les droits de l’homme. » M. Neuer dénonce une « mascarade et un coup de plus porté à la crédibilité » d’une institution censée incarner l’autorité morale de l’ONU et dont l’Arabie saoudite est devenue membre en 2013.

Au printemps 2015, Riyad a fait savoir son intérêt pour la présidence du Conseil, mais face à la polémique suscitée, a dû retirer sa candidature. Dans les couloirs du Palais des nations, à Genève, il se murmure que Riyad aurait obtenu la direction du «comité consultatif» en guise de consolation.

Source : agences et rédaction

 

 

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