L’Arabie viole la trêve au Yémen
Les Nations unies ont annoncé que la trêve devait entrer en vigueur vendredi à 23H59 locales
(20H59 GMT) et durer jusqu'à la fin du ramadan, mois de jeûne pour les musulmans, prévue le 17 juillet. Cette trêve devait permettre l'acheminement de l'aide aux 21 millions de Yéménites victimes depuis plus de trois mois des bombardements et des raids saoudiens. Le soir, le chef des rebelles Ansarullah, sayed Abdel Malek al-Houthi, avait déclaré avoir «peu d'espoir» quant au «succès» de cette trêve. «Nous avons peu d'espoir quant au succès de la trêve», a-t-il déclaré dans un communiqué diffusé par la chaîne de télévision Al-Masirah.
«Son succès dépend de l'engagement du régime saoudien et il est conditionné à un arrêt total de l'agression», a-t-il ajouté, en référence à la campagne de raids aériens menée par Ryad.
Vendredi soir, les Yéménites attendaient vendredi soir l'entrée en vigueur, juste avant minuit, d'une trêve dans le conflit qui doit permettre aux agences humanitaires de convoyer de l'aide à des millions de personnes en détresse.
«Nous sommes prêts. Nous étions même prêts avant que la trêve soit déclarée» par les Nations unies jeudi, a expliqué à l'AFP Abeer Etefa, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM). C'est «notre dernier espoir», a-t-elle ajouté, précisant que deux bateaux remplis de nourriture et de carburant croisaient au large d'Aden.
Le PAM est parvenu depuis une semaine à livrer 9.000 tonnes de nourriture à son entrepôt au Yémen et la trêve est maintenant nécessaire pour pouvoir distribuer cette aide ainsi que pour «atteindre toutes les régions du Yémen, peu importe qui les contrôle», d'après Mme Etefa.
Selon elle, près de quarante camions, partis en deux convois vers Aden et Saada, n'ont pas encore pu atteindre leur but à cause de l'état des routes et des problèmes de sécurité.
Selon l'ONU, 80% de la population --soit 21 millions de personnes-- ont besoin d'aide ou de protection et plus de 10 millions ont dû mal à se nourrir ou à trouver de l'eau potable à cause de l'offensive saoudienne qui a fait plus de 3.200 martyrs depuis la fin mars.
Par ailleurs, neuf civils sont tombés en martyre quand un raid aérien a visé une école servant d'abri à des réfugiés dans un village de la province de Lahj (sud), a affirmé un responsable local à l'AFP.
Source : AFP et rédaction