Ansarullah: Pas de dialogue avant la fin totale de l’offensive
Le porte-parole du mouvement d'Ansarullah, Mohamad Abdel Salam, a estimé mercredi, dans une interview exclusive à «Al-Ahed», que l'Arabie s'est transformée, suite à son offensive, en ennemi du peuple yéménite.
Abdel Salam a assuré que «le régime saoudien a mené une offensive idiote n'ayant ni justification
ni objectif convaincants». En effet, «depuis la première semaine, l'offensive saoudienne était vaine. C'était évident que la décision de la guerre était erronée, les moindres critères de justice et de sagesse lui manquaient», a ajouté le porte-parole.Abdel Salam a également assimilé le régime saoudien à un régime criminel ennemi, le comparant à l'entité «sioniste qui commet les meurtres, détruit les immeubles et menace d'occuper les pays», a-il-expliqué.
Pas de discussion avant la fin de l'offensive
Le responsable a rappelé que «le processus politique était en cours, avant qu'il ne soit interrompu à cause de l'offensive saoudienne. Quelques jours plus tard, l'envoyé de l'ONU a démissionné».
Abdel Salam a ensuite signalé que le dialogue politique n'aura point lieu sauf si ces deux conditions soient remplies : l'arrêt complet de l'agression contre le Yémen et la levée du blocus.
Et de conclure, «les raids menés par l'aviation saoudienne contre le Yémen soutiennent les terroristes d'al-Qaïda dans les régions de combats. Ils conduisent ainsi à déstabiliser et détruire le pays ».
L'offensive continue
Malgré l'annonce saoudienne de la fin de l'offensive et de l'ouverture d'une nouvelle phase politique et humanitaire, la coalition a continué à attaquer les différentes régions du pays. Des raids ont été menés jeudi contre la région Al-Qafr à Ibb, un citoyen yéménite est tombé en martyre. Les avions saoudiens ont également bombardé «la Faculté de Sociologie» à Ibb, faisant un martyr et trois blessés.
Selon certains observateurs, ces raids prouvent que ce cessez-le-feu n'était qu'une mesure tactique visant à tromper l'opinion publique arabo-musulmane au sujet des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par l'armée saoudienne.
La liste des crimes saoudiens s'est en fait alourdie: l'usage d'armes prohibées, la destruction des infrastructures économiques et sociales, l'interdiction d'acheminement d'aides humanitaires aux civils, la destruction des dépôts de denrées alimentaires, et même l'usage d'armes contenant de l'uranium appauvri.
Dans ce cadre, une manifestation monstre a été organisée mercredi à Sanaa pour dénoncer les crimes de l'Arabie et le massacre du Faj Atan qui a fait des dizaines de martyrs et de blessés.
Parallèlement, l’organisation
Human Rights Watch (HRW) a affirmé jeudi que l'annonce par l'Arabie saoudite de
l'arrêt de ses frappes aériennes intensives au Yémen "ne met pas fin à ses
obligations d'enquêter sur les violations présumées des lois de la
guerre".
Dans un communiqué, HRW, dont le siège est à New York, est revenue sur un raid qui a détruit une installation de l'organisation humanitaire Oxfam, faisant un mort non identifié, le 18 avril à Saada, dans le nord du Yémen. «Les gouvernements qui ont participé à l'attaque devraient enquêter de manière impartiale sur le raid aérien qui a frappé des marchés et un dépôt qui ne semble pas avoir été utilisé à des fins militaires», écrit l’ONG.
«Détruire un entrepôt d'un groupe humanitaire affecte de nombreux civils, pas seulement près du lieu de la frappe», souligne Joe Stork, directeur adjoint de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord.
HRW a notamment rappelé que des frappes aériennes avaient touché un camp de personnes déplacées le 30 mars dans le nord du Yémen (29 civils tués), ainsi qu'une laiterie le lendemain dans l'ouest (31 civils tués).
«Daech» revendique une attaque à IbbUne nouvelle unité au Yémen du groupe terroriste «Daech» a affirmé jeudi avoir tué cinq combattants Houthis dans la ville de Yarim de la province d'Ibb (centre).
Dans un message mis en ligne sur Twitter, un groupe se présentant comme la "brigade verte" de «Daech» au Yémen a affirmé avoir visé mercredi à Yarim un véhicule des Houthis à l'engin explosif, ce qui a entraîné "sa destruction et la mort de cinq" révolutionnaires. C'est la première fois qu'une émanation de «Daech» se manifeste dans la province d'Ibb. Des terroristes du groupe avaient déjà revendiqué des attaques dans les provinces yéménites de Sanaa et de Lahj.
Le Yémen était jusqu'à récemment la chasse gardée d'al-Qaïda, qui s'en prend régulièrement aux Houthis. Mais, le 20 mars, «Daech» a revendiqué des attaques suicide ayant fait 142 martyrs et plus de 350 blessés dans des mosquées à Sanaa.
Comments