Nucléaire: les grandes puissances et l’Iran arrachent un compromis «historique» à Lausanne
Epilogue d’une épopée diplomatique d’un an et demi, les grandes puissances et l’Iran ont conclu jeudi à Lausanne un accord d’étape «historique» sur le nucléaire iranien, ouvrant la voie à un accord final d'ici au 30 juin.
Après un incroyable marathon de tractations de 18 mois entre Genève, Vienne, New York et Lausanne, et une dernière ligne droite de discussions ininterrompues pendant huit jours et nuits au bord du lac Léman, les négociateurs sont parvenus à s’entendre sur la majorité des points clés du dossier.
Qualifié d'un «grand pas historique» par les différents participants aux pourparlers, l'accord, dont l'élaboration commencera immédiatement, garantira la poursuite du programme nucléaire pacifique iranien en échange d'une levée complète des sanctions
américaines et occidentales.
La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Jawad Zarif ont lu successivement le même communiqué comprenant les points qui constituent désormais une base commune à un accord global entre l'Iran et la communauté internationale.
A la base de l'accord, l'Iran aura le droit de poursuivre ses recherches nucléaires pacifiques. Des réacteurs comme Fordo et Arak deviendront des centres pour les recherches civiles et pacifiques nucléaires développées. 1000 centrifugeuses seront maintenues à Fordo, alors qu'auparavant, les Américains réclamaient une fermeture complète dudit site Fordo et une suspension de la production de l'eau lourde.
Selon l'accord actuel, le réacteur d'Arak ne sera plus autorisé à produire le plutonium militaire. Les activités d'enrichissement d'uranium auront lieu au réacteur de Natanz.
5000 centrifugeuses seront autorisées à poursuivre l'enrichissement d'uranium pour des fins pacifiques. Par ailleurs, l'Iran aura le droit d'exporter le combustible nucléaire.
Levée des sanctions
Du côté du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), les Etats-Unis n'imposeront plus de nouvelles sanctions et l'Union européenne lèveront les sanctions économiques, pétrolières, financières ainsi que les sanctions imposées sur la production de voitures.
L'Agence internationale de l'énergie atomique AIEA aura également accès à tous les réacteurs nucléaires pour superviser les travaux et l'UE supervisera la mise en œuvre des clauses de l'accord nucléaire.
Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptera une résolution à la base de l'accord auquel se sont parvenus l'Iran et le groupe 5+1. Washington et Bruxelles ont fait savoir qu'ils lèveront les sanctions dès l'adoption de la résolution onusienne.
Premières réactions sur Twitter
C'est sur Twitter que les Occidentaux et les Iraniens, dont le président Hassan Rohani en personne, ont tous annoncé qu'un accord-cadre avait été conclu.
«Des solutions sur les paramètres-clés du dossier nucléaire de l'Iran ont été trouvées. L'écriture (d'un accord final) doit commencer immédiatement, pour être terminée d'ici
au 30 juin », a écrit M. Rohani.
On a «maintenant les paramètres » pour résoudre les principales questions, a confirmé le secrétaire d'État américain John Kerry. «Grand jour. (...) Retour au travail bientôt sur un accord final», a-t-il tweeté.
C'est un «accord d'étape» positif, mais «il reste du travail à faire», a insisté pour sa part le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
A Téhéran, l’accord a été accueilli par des scènes de liesse. Une partie de la grande avenue Vali Asr, qui traverse la capitale iranienne, était bloquée par une longue file de voitures dont les conducteurs actionnaient leur klaxon. Des piétons chantaient et dansaient sur la chaussée en faisant le V de la victoire et en agitant des mouchoirs blancs, selon un journaliste de l’AFP.
«Entente historique»
A Washington, le président américain a salué une «entente historique» avec l'Iran qui, «si elle est pleinement appliquée, l'empêchera d'obtenir l'arme nucléaire», a-t-il déclaré devant la presse à la Maison Blanche.
Barack Obama a noté les efforts «concédés» par Téhéran dans l'accord signé à Lausanne: «L'Iran a rempli toutes ses obligations. Il a éliminé ses stocks de matériel nucléaire dangereux. Les inspections du programme nucléaire iranien ont augmenté. Et nous avons continué les négociations pour voir si nous pouvions parvenir à un accord plus complet».
«L'Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l'histoire des programmes nucléaires», a-t-il ajouté.
Au-delà du nucléaire, l’accord-cadre pourra, s’il est mis en œuvre, contribuer «à la paix et à la stabilité dans la région» du Proche-Orient, a estimé le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.
Autre acteur de la négociation, la Russie s’est félicitée du compromis de Lausanne, estimant qu’il constituait une reconnaissance du droit «inconditionnel» de l’Iran à développer un programme civil.
Source: agences et rédaction
Après un incroyable marathon de tractations de 18 mois entre Genève, Vienne, New York et Lausanne, et une dernière ligne droite de discussions ininterrompues pendant huit jours et nuits au bord du lac Léman, les négociateurs sont parvenus à s’entendre sur la majorité des points clés du dossier.
Qualifié d'un «grand pas historique» par les différents participants aux pourparlers, l'accord, dont l'élaboration commencera immédiatement, garantira la poursuite du programme nucléaire pacifique iranien en échange d'une levée complète des sanctions
américaines et occidentales.La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Jawad Zarif ont lu successivement le même communiqué comprenant les points qui constituent désormais une base commune à un accord global entre l'Iran et la communauté internationale.
A la base de l'accord, l'Iran aura le droit de poursuivre ses recherches nucléaires pacifiques. Des réacteurs comme Fordo et Arak deviendront des centres pour les recherches civiles et pacifiques nucléaires développées. 1000 centrifugeuses seront maintenues à Fordo, alors qu'auparavant, les Américains réclamaient une fermeture complète dudit site Fordo et une suspension de la production de l'eau lourde.
Selon l'accord actuel, le réacteur d'Arak ne sera plus autorisé à produire le plutonium militaire. Les activités d'enrichissement d'uranium auront lieu au réacteur de Natanz.
5000 centrifugeuses seront autorisées à poursuivre l'enrichissement d'uranium pour des fins pacifiques. Par ailleurs, l'Iran aura le droit d'exporter le combustible nucléaire.
Levée des sanctions
Du côté du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), les Etats-Unis n'imposeront plus de nouvelles sanctions et l'Union européenne lèveront les sanctions économiques, pétrolières, financières ainsi que les sanctions imposées sur la production de voitures.
L'Agence internationale de l'énergie atomique AIEA aura également accès à tous les réacteurs nucléaires pour superviser les travaux et l'UE supervisera la mise en œuvre des clauses de l'accord nucléaire.
Par ailleurs, le Conseil de sécurité de l'ONU adoptera une résolution à la base de l'accord auquel se sont parvenus l'Iran et le groupe 5+1. Washington et Bruxelles ont fait savoir qu'ils lèveront les sanctions dès l'adoption de la résolution onusienne.
Premières réactions sur Twitter
C'est sur Twitter que les Occidentaux et les Iraniens, dont le président Hassan Rohani en personne, ont tous annoncé qu'un accord-cadre avait été conclu.
«Des solutions sur les paramètres-clés du dossier nucléaire de l'Iran ont été trouvées. L'écriture (d'un accord final) doit commencer immédiatement, pour être terminée d'ici
au 30 juin », a écrit M. Rohani. On a «maintenant les paramètres » pour résoudre les principales questions, a confirmé le secrétaire d'État américain John Kerry. «Grand jour. (...) Retour au travail bientôt sur un accord final», a-t-il tweeté.
C'est un «accord d'étape» positif, mais «il reste du travail à faire», a insisté pour sa part le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.
A Téhéran, l’accord a été accueilli par des scènes de liesse. Une partie de la grande avenue Vali Asr, qui traverse la capitale iranienne, était bloquée par une longue file de voitures dont les conducteurs actionnaient leur klaxon. Des piétons chantaient et dansaient sur la chaussée en faisant le V de la victoire et en agitant des mouchoirs blancs, selon un journaliste de l’AFP.
«Entente historique»
A Washington, le président américain a salué une «entente historique» avec l'Iran qui, «si elle est pleinement appliquée, l'empêchera d'obtenir l'arme nucléaire», a-t-il déclaré devant la presse à la Maison Blanche.
Barack Obama a noté les efforts «concédés» par Téhéran dans l'accord signé à Lausanne: «L'Iran a rempli toutes ses obligations. Il a éliminé ses stocks de matériel nucléaire dangereux. Les inspections du programme nucléaire iranien ont augmenté. Et nous avons continué les négociations pour voir si nous pouvions parvenir à un accord plus complet».
«L'Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l'histoire des programmes nucléaires», a-t-il ajouté.
Au-delà du nucléaire, l’accord-cadre pourra, s’il est mis en œuvre, contribuer «à la paix et à la stabilité dans la région» du Proche-Orient, a estimé le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.
Autre acteur de la négociation, la Russie s’est félicitée du compromis de Lausanne, estimant qu’il constituait une reconnaissance du droit «inconditionnel» de l’Iran à développer un programme civil.
Source: agences et rédaction
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