Yémen: les rebelles contrôlent la ville portuaire de Hodeida, un premier ministre nommé
Le port de Hodeida est le deuxième en importance au Yémen après celui d'Aden (sud). La ville était dans le viseur des rebelles qui réclamaient depuis des années une ouverture sur la mer Rouge pour les territoires qu'ils contrôlent historiquement dans la province de Saada (nord), frontalière de l'Arabie saoudite.
Des sources militaires, locales et rebelles ont confirmé à l'AFP la prise de Hodeida, ville de plus de deux millions d'habitants, par les rebelles, appelés houthis, qui ont établi des points de contrôle dans la cité.Les rebelles avaient donné lundi leur assentiment à la nomination d'un nouveau Premier ministre, Khaled Bahah, censée ouvrir la voie à un règlement de la crise que connaît le Yémen depuis plusieurs mois.
Khaled Bahah, 49 ans, a été désigné Premier ministre par le président Abd Rabbo Mansour Hadi après une réunion avec ses conseillers représentant «différentes familles politiques», a indiqué l'agence officielle Saba. M. Bahah occupait jusqu'ici le poste d'ambassadeur du Yémen à l'ONU.
«Nous avons approuvé la nomination de Khaled Bahah qui s'est faite par consensus» entre les participants à la réunion, a confirmé Ali Al-Imad, membre du bureau politique d'Ansaruallah, la formation politique des rebelles.
Une source proche de la présidence a affirmé que les rebelles ont promis, après avoir accepté le
nouveau Premier ministre, de commencer à démanteler leurs camps autour de Sanaa et à mettre fin, dès demain, à leur présence armée dans la capitale.
Le retrait des rebelles de Sanaa est prévu par l'accord politique parrainé par l'ONU et signé le 21 septembre. Cet accord avait permis de mettre fin aux combats dans et autour de la capitale entre les rebelles et leurs adversaires du parti Al-Islah qui était soutenu par une partie de l'armée.
Le président Hadi, fragilisé depuis plusieurs mois, avait déjà fait une tentative de nommer un Premier ministre le 7 octobre.
Mais les rebelles avaient rejeté la nomination de Ahmed Awad ben Mubarak, le contraignant à la démission 24H plus tard en arguant que cette désignation reflétait les vues des Etats-Unis et de l'Arabie saoudite. Ces rebelles, appelés houthis et auxquels on prête des liens avec l'Iran, sont omniprésents à Sanaa.
L'influence croissante des rebelles est rejetée par une partie des forces en conflit au Yémen, en particulier le réseau extrémiste Al-Qaïda, actif dans le sud et le sud-est du pays.
Jeudi dernier, 67 personnes sont tombées en martyre dans deux attentats suicide, dont un contre des sympathisants des rebelles à Sanaa (47 morts), revendiqué par Al-Qaïda.
Khaled Bahah, originaire de la province de Hadramout (sud-est), a fait ses études à Aden (sud) et en Inde, notamment dans l'administration et les finances.
Source : AFP et rédaction
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