Le gouvernement met en place un plan pour défendre Bagdad
De son côté, l'influent grand ayatollah Ali Al-Sistani, la plus haute autorité religieuse chiite du
pays, a appelé les Irakiens à prendre les armes contre les combattants aguerris du groupe radical sunnite de Daech ou Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).Présents à moins de 100 km de Bagdad, les extrémistes de l'EIIL avançaient vers une capitale aux rues quasi-désertes et commerces fermés, à partir de la province d'Al-Anbar à l'ouest, de celle de Salaheddine au nord et de celle de Diyala à l'est.
Ces miliciens ont réussi à prendre depuis mardi Mossoul et sa province Ninive (nord), Tikrit et d'autres régions de la province de Salaheddine, ainsi que des secteurs des provinces de Diyala (est) et de Kirkouk (nord). Ils contrôlent depuis janvier Fallouja à 60 km à l'ouest de Bagdad.
Après l'entrée des extrémistes dans Diyala, l'armée tentait de les empêcher d'avancer jusqu'à son chef-lieu Baqouba, à 60 km de Bagdad, selon des responsables. D'autres témoins ont fait état de renforts terroristes aux alentours de Samarra (110 km au nord de Bagdad), ville natale d'Abou Bakr al-Baghdadi, le leader de l'EIIL, des préparatifs semblant augurer d'un possible assaut.
L'OIM prévoit une crise humanitaire «prolongée»
Sur le plan humanitaire, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a prévu «une crise humanitaire prolongée» en Irak, indiquant qu'environ 40.000 personnes ont fui les combats à Tikrit et Samarra.
Selon l'OIM, plus de 500.000 civils ont fui les combats à Mossoul, deuxième ville d'Irak.
«A Mossoul, les hôpitaux ne sont pas accessibles, les écoles et mosquées ont été converties en clinique de fortune pour s'occuper des blessés. Les familles dans l'ouest de la ville ont très peu accès à de l'eau potable et la population de la ville entière a accès à l'électricité que quelques heures par jour», a indiqué une porte-parole de l'OMI, Christiane Berthiaume, lors d'un point presse à Genève.
L'organisation, qui s'attend à ce que le nombre de déplacés augmente, a besoin très rapidement
de 15 millions de dollars (11,1 millions d'euros) pour acheter et distribuer 30.000 articles de secours non alimentaires, 5.000 tentes et mettre en œuvre le programme pour identifier et évaluer les besoins des déplacés.
De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé une première opération d'urgence pour fournir une aide alimentaire à 42.000 personnes parmi les plus vulnérables qui ont été déplacées par le conflit en Irak cette semaine.
L'organisation onusienne a déployé du personnel d'urgence et des experts logistiques à Erbil, dans le Kurdistan, pour déterminer les besoins alimentaires sur le terrain. Dans un premier temps, le PAM fournira environ 550 tonnes de nourriture par mois, pour un coût global de 1,5 million de dollars. De la nourriture et du matériel seront transportés en urgence par avion de Dubaï à Erbil, a indiqué une porte-parole du PAM, Elisabeth Byrs. En outre, le PAM acheminera l'aide alimentaire en Irak par la Turquie par la route.
Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), environ 300.000 personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Dahuk, au Kurdistan. «Beaucoup n'ont pas d'argent, et personne chez qui aller», a déclaré un porte-parole, Adrian Edwards, soulignant le besoin en tentes.
Vive inquiétude de l'ONU
De son côté, le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Mme Navi Pillay, a exprimé sa «vive inquiétude» au sujet «d'informations sur des exécutions sommaires et extrajudiciaires (...) et le déplacement massif d'un demi-million supplémentaire de personnes» après l'offensive extrémiste.
L'ONU a reçu des informations selon lesquelles des «soldats irakiens ont été sommairement exécutés durant la prise de Mossoul, ainsi que 17 civils travaillant pour la police dans une rue de la ville le 11 juin».
Face à l'avancée de l'EIIL, le président américain Barack Obama a dit que son équipe de sécurité nationale étudiait «toutes les options», tout en excluant des troupes au sol. Un responsable américain a parlé de possibles frappes menées par des drones.
Source : agences et rédaction
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