Yémen: commission pour décider du découpage du futur Etat fédéral
Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a formé une commission chargée de déterminer le découpage du futur Etat fédéral en provinces, conformément aux décisions du dialogue national, a annoncé l'agence officielle Saba.
La commission, présidée par le chef de l'Etat, devra décider du nombre de provinces --de deux à six-- formant le futur Etat yéménite, selon un décret présidentiel publié tard lundi soir par l'agence.
Selon le document final adopté par le dialogue national samedi, le pays devrait être transformé en Etat fédéral où les régions auraient plus d'autonomie.
«Le dialogue a fixé le cadre théorique d'un Etat fédéral», souligne l'analyste yéménite
Farès Al-Saqqaf.
«C'est le début du processus, mais le plus grand défi consiste maintenant à appliquer» les décisions du dialogue, estime pour sa part Ibrahim Sharqieh, expert en résolution des conflits internationaux de l'Université de Georgetown à Doha.
Il souligne que «la pression de la communauté internationale a été déterminante pour faire aboutir le dialogue».
Ce dialogue était l'une des clés de voûte de l'accord politique qui a permis à M. Hadi de succéder en 2013 à l'ancien président Ali Abdallah Saleh dont le pouvoir avait été contesté dans la rue pendant un an.
Le découpage sera inclus dans la future Constitution qui devrait être élaborée dans un délai d'un an, et sur la base de laquelle se tiendront des élections générales.
Les participants au dialogue -les différentes forces politiques à l'exception des indépendantistes du sud- se sont entendus sur le principe d'un Etat fédéral mais ont laissé à M. Hadi le soin de décider de l'épineuse question du nombre de régions le formant.
«Le fait de reporter la question du découpage a permis de faire sortir le dialogue de l'impasse», a expliqué un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat.
Il a expliqué que M. Hadi «écarte l'option de deux provinces, nordiste et sudiste, car cela maintiendrait la tension dans le pays et ouvrirait la porte à d'autres conflits à l'avenir».
Les autonomistes sudistes réclamant que le futur Etat reprenne la division entre l'ex-Yémen du sud et le nord du pays.
Si le pays est découpé en six provinces, le Sud --Etat indépendant jusqu'en 1990-- sera divisé en deux provinces et le Nord en quatre autres.
Surenchères et violences
La décentralisation répond aux demandes d'autonomie des sudistes et sera accompagnée par un programme de compensations pour les habitants de cette partie du pays qui se sont soulevés contre ce qu'ils considèrent une politique de discrimination du Nord.
Dans le cadre du découpage, les représentants des différentes zones se livrent à une véritable surenchère.
Ainsi, les tribus de la vaste province désertique du Hadramout, riche en pétrole, réclament de former une région et organisent depuis décembre des protestations contre le pouvoir central.
Les représentants de la province d'Al-Mahra dans l'est, à la frontière avec le sultanat d'Oman, réclament eux aussi de former une région comprenant l'île de Socotra.
Mais la véritable menace vient surtout des velléités d'indépendance de la tendance dure du Mouvement sudiste, alors qu'une «Résistance sudiste» a vu le jour et revendique des attaques contre l'armée.
Et dans le Nord, les rebelles chiites zaïdites d'Ansarullah qui contrôlent plusieurs zones tentent, à la faveur de combats avec les fondamentalistes, d'élargir leur sphère d'influence.
M. Sharqieh souligne le danger que représente Al-Qaïda, bien implantée dans plusieurs régions et qui a intensifié ses attaques avec notamment un assaut spectaculaire contre le ministère de la Défense à Sanaa en décembre.
«La situation peut s'aggraver davantage d'autant que d'anciennes forces politiques, notamment le Congrès populaire général (CPG) restent influentes», ajoute l'analyste.
Ancien parti au pouvoir, le CPG est toujours dirigé par M. Saleh, qui est accusé par ses adversaires d'œuvrer en sous-main à la déstabilisation du pays.
Source: agences et rédaction
La commission, présidée par le chef de l'Etat, devra décider du nombre de provinces --de deux à six-- formant le futur Etat yéménite, selon un décret présidentiel publié tard lundi soir par l'agence.
Selon le document final adopté par le dialogue national samedi, le pays devrait être transformé en Etat fédéral où les régions auraient plus d'autonomie.
«Le dialogue a fixé le cadre théorique d'un Etat fédéral», souligne l'analyste yéménite
Farès Al-Saqqaf.«C'est le début du processus, mais le plus grand défi consiste maintenant à appliquer» les décisions du dialogue, estime pour sa part Ibrahim Sharqieh, expert en résolution des conflits internationaux de l'Université de Georgetown à Doha.
Il souligne que «la pression de la communauté internationale a été déterminante pour faire aboutir le dialogue».
Ce dialogue était l'une des clés de voûte de l'accord politique qui a permis à M. Hadi de succéder en 2013 à l'ancien président Ali Abdallah Saleh dont le pouvoir avait été contesté dans la rue pendant un an.
Le découpage sera inclus dans la future Constitution qui devrait être élaborée dans un délai d'un an, et sur la base de laquelle se tiendront des élections générales.
Les participants au dialogue -les différentes forces politiques à l'exception des indépendantistes du sud- se sont entendus sur le principe d'un Etat fédéral mais ont laissé à M. Hadi le soin de décider de l'épineuse question du nombre de régions le formant.
«Le fait de reporter la question du découpage a permis de faire sortir le dialogue de l'impasse», a expliqué un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat.
Il a expliqué que M. Hadi «écarte l'option de deux provinces, nordiste et sudiste, car cela maintiendrait la tension dans le pays et ouvrirait la porte à d'autres conflits à l'avenir».
Les autonomistes sudistes réclamant que le futur Etat reprenne la division entre l'ex-Yémen du sud et le nord du pays.
Si le pays est découpé en six provinces, le Sud --Etat indépendant jusqu'en 1990-- sera divisé en deux provinces et le Nord en quatre autres.
Surenchères et violences
La décentralisation répond aux demandes d'autonomie des sudistes et sera accompagnée par un programme de compensations pour les habitants de cette partie du pays qui se sont soulevés contre ce qu'ils considèrent une politique de discrimination du Nord.
Dans le cadre du découpage, les représentants des différentes zones se livrent à une véritable surenchère.
Ainsi, les tribus de la vaste province désertique du Hadramout, riche en pétrole, réclament de former une région et organisent depuis décembre des protestations contre le pouvoir central.
Les représentants de la province d'Al-Mahra dans l'est, à la frontière avec le sultanat d'Oman, réclament eux aussi de former une région comprenant l'île de Socotra.
Mais la véritable menace vient surtout des velléités d'indépendance de la tendance dure du Mouvement sudiste, alors qu'une «Résistance sudiste» a vu le jour et revendique des attaques contre l'armée.
Et dans le Nord, les rebelles chiites zaïdites d'Ansarullah qui contrôlent plusieurs zones tentent, à la faveur de combats avec les fondamentalistes, d'élargir leur sphère d'influence.
M. Sharqieh souligne le danger que représente Al-Qaïda, bien implantée dans plusieurs régions et qui a intensifié ses attaques avec notamment un assaut spectaculaire contre le ministère de la Défense à Sanaa en décembre.
«La situation peut s'aggraver davantage d'autant que d'anciennes forces politiques, notamment le Congrès populaire général (CPG) restent influentes», ajoute l'analyste.
Ancien parti au pouvoir, le CPG est toujours dirigé par M. Saleh, qui est accusé par ses adversaires d'œuvrer en sous-main à la déstabilisation du pays.
Source: agences et rédaction
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