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Mondial 2022 : une délégation syndicale empêchée de visiter un chantier au Qatar

Mondial 2022 : une délégation syndicale empêchée de visiter un chantier au Qatar
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Une délégation syndicale internationale chargée d'enquêter sur le conditions de travail des ouvriers immigrés au Qatar, pays hôte du Mondial de football 2022, s'est vu refuser mercredi 9 octobre l'accès à un chantier près de Doha. «Je ne peux pas vous autoriser à visiter ce site sans coordination préalable», a déclaré un responsable aux visiteurs, qui n'étaient pas attendus sur ce site qui relève d'une coentreprise des groupes français Vinci et qatari Diyar.

En réaction à ce blocage, les syndicalistes ont renoncé à une autre visite, prévue à leurMondial 2022 : une délégation syndicale empêchée de visiter un chantier au Qatar programme, de l'immense chantier de Lusail, à 70 kilomètres au nord de Doha, qui doit abriter le principal stade du Mondial 2022. Pour Ampet Yuson, membre de la délégation, ces déplacements programmés ne servent qu'à «monter ce qu'il y a de mieux» au Qatar.

Les syndicalistes se sont ensuite rendus au siège du Comité organisateur du Mondial à Doha où, faute de rendez-vous préalable en bonne et due forme, ils n'ont pu obtenir d'audience avec un responsable du comité. Ils ont protesté devant les locaux en chantant : «FIFA, carton rouge !» Après de multiples tractations, un responsable du Comité, Hassen Dhawadi, devrait les recevoir en soirée.

Accusations d'esclavagisme

La visite de la délégation avait été décidée avant les révélations du quotidien britannique The Guardian, faisant état de la mort de 44 ouvriers népalais sur les chantiers du Qatar. Elle doit quitter le pays jeudi, puis rendre un rapport.

Mondial 2022 : une délégation syndicale empêchée de visiter un chantier au QatarLe président du Comité national qatari des droits de l'homme, qui relève du ministère de l'intérieur, Ali Al-Merri, a émis des doutes sur l'objectif de cette mission, dont il assure pourtant l'organisation. «L'amélioration des conditions des travailleurs n'est pas leur objectif véritable», a-t-il déclaré. «Nous leur avons pris des rendez-vous (...), mais ils veulent voir n'importe quel responsable à n'importe quel moment», a-t-il déploré.

Un sous-secrétaire d'Etat au ministère du travail, Hussein Al-Mollah, a expliqué à la délégation que les entreprises au Qatar respectaient «à 99 % le Code du travail [local]». «Nous intervenons lorsque le travailleur présente une plainte», a-t-il déclaré. Mais la réalité est tout autre. «Si je me plains auprès des autorités qataries, mon employeur me renvoie dans mon pays», assurait mardi un ouvrier indien arrivé il y a quatre mois au Qatar, où il travaille pour un sous-traitant local.

Le Comité des droits de l'homme a admis certains abus, mais rejeté les accusations d'esclavagisme. Le ministre du travail Ali Ahmad Al-Khalifi a promis pour sa part de doubler le nombre d'inspecteurs du travail sur les chantiers jusqu'à atteindre le chiffre de cent cinquante.

Source : Le Figaro

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