Réouverture dimanche des ambassades US au Moyen-Orient et en Afrique
Les missions diplomatiques américaines fermées ces derniers jours au Moyen-Orient et en Afrique rouvriront leurs portes dimanche, sauf au Yémen où la «menace» d'une attaque d’al-Qaïda dans la Péninsule arabique est toujours présente, ainsi que l'a souligné Barack Obama.
De ces 19 postes diplomatiques à avoir fermé leurs portes la semaine dernière, 18 consulats et ambassades, que ce soit à Amman, Riyad ou Kigali, reprendront leurs activités dimanche, premier jour de la semaine dans la plupart des pays musulmans, a indiqué Jennifer Psaki, la
porte-parole du département d’État dans un communiqué publié vendredi soir.
En revanche, l'ambassade de Sanaa n'est pas concernée par la mesure car subsiste, selon la diplomatie américaine, «un faisceau de menaces d'une éventuelle attaque terroriste émanant d’al-Qaïda dans la Péninsule arabique» (AQPA), que Washington considère comme la branche la plus active de la nébuleuse extrémiste.
Selon le site Internet américain The Daily Beast, l'alerte américaine ayant entraîné ces fermetures a été lancée après l'interception d'une conférence téléphonique entre le numéro un d’al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, et des responsables de filiales du réseau au Maghreb, en Irak, au Pakistan ou encore dans le Sinaï égyptien. Lors de cette conférence, un projet d'attentat a été évoqué en des termes vagues, ainsi que le fait que des équipes étaient déjà en place pour les perpétrer.
Selon le Wall Street Journal, c'est la branche d’al-Qaïda au Yémen, et non le chef du réseau extrémiste Ayman al-Zawahiri, qui est à l'origine du projet d'attentats anti-occidentaux qui a poussé les États-Unis à lancer l'alerte.
Dans la journée de vendredi, le président américain Barack Obama a reconnu que les groupes régionaux affiliés à al-Qaïda, à l'image d'AQPA, continuaient à faire «peser des menaces» contre les intérêts américains et les alliés de Washington, mais qu'en revanche la direction du réseau avait été «démantelée».
Les membres de ces filiales sont en mesure de «foncer sur l'enceinte d'une ambassade au volant d'un camion piégé et de tuer des gens», a-t-il dit. «Cela exige de nous que nous disposions d'une stratégie qui renforce nos partenaires» afin qu'ils aient les moyens de juguler ces menaces, a poursuivi Obama lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche.
Autre mission américaine à ne pas rouvrir dimanche, le consulat américain de Lahore, deuxième ville du Pakistan, dont le personnel non-essentiel été évacué en raison de «menaces spécifiques».
«Nous avons reçu des informations concernant une menace contre notre consulat de Lahore. Par précaution, nous avons donc évacué (jeudi, ndlr) tout le personnel sauf celui d'urgence», a indiqué à l'AFP la porte-parole de l'ambassade américaine à Islamabad, Meghan Gregonis.
Le Pakistan est un allié des États-Unis et est en proie à des attentats à répétition.
Mais, tant la porte-parole du département d’État que Mme Gregonis ont tenu à préciser que cette menace «crédible» n'était pas liée aux menaces qui ont poussé Washington à fermer près de 20 de leurs missions diplomatiques.
Les États-Unis ont rappelé vendredi à leurs ressortissants d'éviter tout voyage «non-essentiel» au Pakistan, pays qui est aussi le sanctuaire de groupes extrémistes armés ayant plaidé allégeance à al-Qaïda.
Lahore, deuxième ville la plus peuplée du Pakistan avec 12 millions d'habitants, a été épargnée par les attentats au cours des dernières années, contrairement à Karachi (sud), Peshawar (nord-ouest) et Quetta (sud-ouest).
Les autorités pakistanaises ont d'ailleurs renforcé la sécurité dans les principales villes du pays, incluant la capitale Islamabad, pour le weekend du Fitr, qui marque la fin du ramadan, et des ambassades ont recommandé à leurs ressortissants d'éviter les lieux publics.
L'ensemble des missions diplomatiques sont fermées ce weekend au Pakistan en raison des fêtes de fin du ramadan.
Source: agences et rédaction
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