Reprise de «négociations de paix directes» israélo-palestiniennes
Les États-Unis ont exhorté lundi Israéliens et Palestiniens à négocier de «bonne foi» afin de trouver un «compromis raisonnable» à quelques heures de la reprise de «pourparlers de paix» directs gelés depuis près de trois ans.
La diplomatie américaine a annoncé que les négociations qui doivent reprendre lundi soir à Washington pourraient durer «au moins neuf mois».
Le président américain Barack Obama, qui avait fait de la résolution du conflit au Proche-Orient la «priorité» de son premier mandat en janvier 2009, avant d’échouer, s’est dit «heureux» que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas aient accepté de reprendre langue et envoyé des négociateurs à Washington.
Les négociations de paix directes israélo-palestiniennes doivent redémarrer par un dîner de rupture du jeûne du ramadan (iftar) vers 20H00 (00H00 GMT) à Washington, pour la première fois depuis qu’elles avaient capoté en septembre 2010, au bout de trois semaines, en raison de la poursuite de la colonisation israélienne à la région est d’al-Qods occupée (Jérusalem-Est) et en Cisjordanie occupée.
«Processus difficile»
Barack Obama a salué un moment «prometteur» tout en avertissant les deux camps qu’ils devront faire des «choix difficiles». «C’est un pas en avant prometteur, même s’il faudra travailler dur», a-t-il prévenu.
«Le plus dur reste à venir dans ces négociations et j’espère que tant les Israéliens que les Palestiniens aborderont ces discussions de bonne foi, avec détermination et une attention soutenue», a déclaré le président américain dans un communiqué.
Son ministre des Affaires étrangères John Kerry, qui a arraché un accord il y a dix jours après six voyages au Proche-Orient en quatre mois, a lui aussi reconnu que le «processus» serait «difficile», pressant Israéliens et Palestiniens à chercher un «compromis raisonnable» pour mettre fin à leur contentieux historique.
Le secrétaire d’État a nommé comme émissaire spécial pour ces négociations un ancien ambassadeur en «Israël», Martin Indyk, 62 ans, qui s’est dit «convaincu depuis 40 ans que la paix était possible».
«Un jour très spécial»
Côté israélien, la ministre de la Justice Tzipi Livni, attendue dans la soirée à Washington pour rencontrer le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat, a déjà prédit des pourparlers «très difficiles et problématiques, mais nécessaires».
Son président Shimon Peres a lui salué «un jour très spécial» pour un «Moyen-Orient (qui) se trouve dans une situation orageuse».
Les premières réunions lundi et mardi doivent ouvrir une période de discussions «d’au moins neuf mois», ce qui constitue «un calendrier» et «non une date-butoir», a précisé la porte-parole du département d’État Jennifer Psaki.
Processus fragile
Mais l’amorce de ce «processus de paix» reste fragile.
La décision du gouvernement israélien d’approuver la libération de 104 prisonniers palestiniens arrêtés avant les accords d’Oslo en 1993 a été saluée par l’Autorité palestinienne et par Washington mais a provoqué de vives réactions en «Israël».
Qadura Fares, chef du Club des prisonniers palestiniens avait assuré dimanche avant le vote qu’il n’y aurait aucune négociation avec l’entité sioniste sans la libération de ces détenus.
Avant d’approuver la libération de prisonniers palestiniens, le conseil des ministres israélien avait adopté un projet de loi prévoyant un référendum en cas d’«accord de paix» avec les Palestiniens.
Selon ses services, Netanyahu a jugé «important que, pour de telles décisions historiques, chaque citoyen vote directement».
Le référendum deviendrait ainsi la dernière étape nécessaire pour entériner un éventuel «accord de paix», après l’approbation du gouvernement puis celle du Parlement.
Source: agences et rédaction
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