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La tragédie du conflit de 30 années en Irlande du Nord est flagrante, même aux touristes les plus désinvoltes, dans la capitale Belfast. Elle s’affiche sur les murs des maisons mitoyennes, immortalisée par de gigantesques fresques qui se dressent dans plusieurs quartiers de la ville.

En Irlande du Nord, la solidarité avec la Palestine s’affiche sur les murs

Ces peintures, que l’on trouve aussi bien dans les quartiers catholiques nationalistes que unionistes protestants, sont souvent des hommages à de jeunes hommes tués durant «Les Troubles», comme a été surnommé le conflit, ou aux groupes militants impliqués.

Plus de 3 600 personnes ont ainsi trouvé la mort dans un conflit qui s’est étalé sur trois décennies, jusqu’en 1998, date de l'Accord du Vendredi saint, également appelé Accord de Belfast ou Accord de paix pour l'Irlande du Nord, signé le 10 avril 1998 par les principales forces politiques du pays.

Aujourd’hui, ces peintures murales, qui ont servi à inspirer la fierté ou la haine, sont des attributs essentiels de Belfast, un pittoresque tragique que les bus à impériale s’attachent à montrer chaque jour à des centaines de touristes lors de tours.

Certaines de ces peintures nationalistes dépassent cependant les frontières de l’Ulster, pour mettre en exergue la cause commune et universelle des mouvements de libération de l’autre côté du monde, en particulier la Cause palestinienne.

La lutte des deux peuples, la communauté nationaliste d’Irlande du Nord contre les Britanniques et les Palestiniens contre «Israël», sont ainsi représentées dans des fresques qui s'accrochent aux murs de rues telles que Falls Road, au cœur du Belfast nationaliste.

Une de ces tableaux montre deux bras, l’un peint dans les couleurs du drapeau tricolore de l’Irlande du Nord, l’autre dans celles du drapeau palestinien, noir, blanc et rouge. En un diptyque déchirant, les deux bras s’élancent à travers des barreaux pour s’étreindre. La légende de la peinture «Solidarity POWs» [Solidarité avec les prisonniers de guerre] souligne les liens qui se sont tissés entre les nationalistes irlandais et les prisonniers palestiniens. 

Un autre mur de Falls Road appelle à la libération de tous les prisonniers politiques à travers le monde et exige la liberté pour le prisonnier palestinien Bilal Kayed, qui a finalement été libéré en décembre 2016, après 15 années de captivité.

«Les Catholiques sont solidaires avec les Palestiniens qu’ils voient oppressés par Israël, tout comme les nationalistes irlandais ont été oppressés ici» explique, à Anadolu, Anwar Mady, coordinateur et imam au Centre islamique de Belfast, avant l’Israel Apartheid Week (IAW) [Semaine Internationale contre l'Apartheid Israélien], qui se tient pour la 13e fois cette année, organisée par l’ONG «Ireland Palestine Solidarity Campaign (IPSC)».

«La communauté protestante soutient Israël, mais de l’autre côté, la communauté catholique soutient la Palestine. Vous pouvez voir le drapeau palestinien dans de nombreux endroits en Irlande du Nord, particulièrement dans les zones catholiques», note Mady.

Le soutien à la Cause palestinienne n’est pas limité à Belfast. A Derry, dans le nord-ouest du pays, la peinture murale caractéristique de la ville, «You are now entering Free Derry» [Vous entrez maintenant à Free Derry, autrefois enclave nationaliste, autoproclamée autonome], a déjà été par le passé peinte dans les couleurs du drapeau palestinien.

«Six mille musulmans vivent en Irlande du Nord, d’après des statistiques officielles, mais le nombre véritable de ces habitants est d’environ 10 000, du fait des différents types de visas de ces personnes, par exemple les visas pour étudiants», a estimé Mady.

Les musulmans ne sont pas visés par l’islamophobie au même degré que dans d’autres région du Royaume-Uni, a également tenu à souligné l’imam.

Source: agences

10-03-2017 | 15:16
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