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Pourquoi Trump «aime-t-il» l’Arabie Saoudite ?

Pourquoi Trump «aime-t-il» l’Arabie Saoudite ?
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Par Hannibal Gensreic

L'interdiction aux musulmans par le Président Trump est non seulement malveillante et  inconstitutionnelle, mais elle est irrationnelle, car elle n'inclut même pas le pays le plus responsable de la propagation du terrorisme dans le monde: l'Arabie saoudite. Les restrictions de voyage imposées à sept pays à majorité musulmane ont été justifiées pour empêcher les terroristes potentiels d'entrer aux États-Unis, Trump citant les tragédies du 11 septembre et les fusillades de San Bernardino comme des motivations derrière l'ordre exécutif. Mais aucun citoyen des sept pays interdits n'a été responsable de la mort de n'importe quel Américain sur le sol américain. C’est en effet une omission flagrante que l'Arabie Saoudite, le pays qui a fourni 15 des 19 pirates de l'air sur 9/11, soit absente de la liste.

Pourquoi Trump «aime-t-il» l’Arabie Saoudite ?

La protection de l'Arabie Saoudite n'est pas nouvelle; cela a toujours été la politique américaine depuis la découverte du pétrole dans ce pays désertique dans les années 1930. Malgré la preuve que le gouvernement saoudien a toujours soutenu les «Frères Musulmans» avec leurs différentes filiales, dont «Daech» et «Al-Qaïda», les présidents Bush, Clinton et Obama ont continué à entretenir des relations chaleureuses avec les rois scélérats et les émirs obscurantistes et corrompus, y compris par la vente de quantités massives d'armes. Mais quand Obama a signé l'accord nucléaire avec l'ennemi des Saoudiens, l'Iran, la relation a commencé à se fissurer. Les Saoudiens, en vassaux gâtés mais enchaînés à leur suzerain yankee, se sont mis à menacer de retirer leur argent déposé dans les coffres forts américano-israéliens, comme s’ils pouvaient vraiment le faire. Naturellement, c’étaient des paroles en l’air.

Il semble maintenant que Donald Trump, en dépit de ses critiques du royaume répressif pendant sa campagne électorale, sera un soutien encore plus ferme du régime saoudien que ne l’étaient Bush, Clinton ou Obama.

Trump est certainement conscient de la connexion terroriste saoudienne et de l'ironie des relations américano-saoudiennes. En 2011, il a appelé le régime saoudien le plus grand bailleur de fonds du terrorisme au monde et a déclaré que le gouvernement saoudien utilisait «nos pétrodollars, notre propre argent, pour financer les terroristes qui cherchent à détruire notre peuple alors que les Saoudiens comptent sur nous pour les protéger.»

Dans une entrevue à Fox News, en 2016 pendant sa campagne, Trump a dit, «Qui a fait sauter le World Trade Center? Ce n'était pas les Irakiens, c'était l'Arabie Saoudite». Il a également critiqué à plusieurs reprises Hillary Clinton pour avoir pris l'argent saoudien pour la Fondation Clinton et l'a défiée de rendre cet argent malhonnête.

Mais le fait que Trump ne mette pas la Sinistre Arabie sur la liste d’interdiction devient évident lorsqu’on relie le compte bancaire de l’homme d’affaires Trump au Royaume des Rois fainéants. Alors que Trump était encore sur la piste de la campagne présidentielle, ses relations d'affaires avec l’Arabie saoudite ont fleuri avec l'ouverture de huit nouvelles entreprises différentes. Juste après les élections, il a tenté à demi-cœur d'éviter les conflits d'intérêts en en fermant quatre, mais le statut des autres entreprises est inconnu car le secret est bien gardé.

Les connexions financières s'étendent dans les deux sens, car les Saoudiens investissant dans les hôtels de Trump, y compris l'achat par les Saoudien d'un étage entier du New York Trump Hotel, canalisant au moins 5,7 millions de dollars à la société Trump depuis 2001. Lors d'un rassemblement de campagne en Alabama, Trump a déclaré son affection pour la royauté saoudienne et pour l’argent saoudien. «Ils m’achètent des appartements et des propriétés. Ils dépensent entre 40 et 50 millions de dollars. Et je suis censé les haïr? Non, je les aime beaucoup.»

Trump n'est pas le seul à avoir des liens profonds avec les Saoudiens. Son secrétaire d'État, Rex Tillerson, était tout aussi étroitement lié à l'Arabie saoudite lorsqu’il était PDG d'Exxon. Exxon se vante d’être «l'un des plus grands investisseurs étrangers dans le Royaume et aussi l'un des plus grands acheteurs du secteur privé du pétrole brut Saoudien».

Aux États-Unis, Exxon et les compagnies d'état saoudiennes travaillent ensemble pour construire une raffinerie un gaz naturel le long du golfe du Mexique pour fabriquer des matières plastiques.

Lorsqu'il a été interrogé par le sénateur Marco Rubio, lors de son audition de confirmation, au sujet de savoir si l'Arabie saoudite était un agresseur des droits humains, Tillerson a déclaré qu'un tel label serait peu diplomatique et potentiellement contreproductif.

Avec Rex Tillerson à la tête du département d'Etat, le ministre saoudien de l'Energie, Khalid Al-Falih a conclu que les politiques de Trump seraient «bonnes pour l'industrie pétrolière». Alors que les Saoudiens ont déjà investi des milliards de dollars dans les installations de raffinage et de distribution américaines, ce ministre de l’énergie a déclaré que les Saoudiens «pourraient augmenter cet investissement sur la base des politiques pro-industrie, pro-pétrole et pro-gaz de l'administration Trump».

Le gouvernement saoudien est, comme son alter ego israélien, extrêmement ravi de l'attitude de l'administration Trump envers son adversaire de longue date, l'Iran. Les Saoudiens étaient encouragés par la critique constante de Trump de l'accord nucléaire durant sa campagne électorale, et par la nomination à des positions de cabinet de plusieurs généraux anti-Iran. En effet, l'avertissement du conseiller à la sécurité nationale de Trump, Michael Flynn, selon lequel les États-Unis mettraient l'Iran «sur avis», après un test de missile récent, doit sonner comme une musique douce dans les oreilles des chameliers arabiques.

La position anti-iranienne de Trump se traduira sans aucun doute par la poursuite des ventes d'armes des États-Unis aux Saoudiens (afin de leur soustraire un maximum de l’argent du pétrole) et le soutien continu des États-Unis à la guerre saoudienne au Yémen. En effet, la première vente d'armes de la présidence de Trump à l'Arabie Saoudite de 545 millions de dollars de ballons d'observation pour patrouiller la frontière du Royaume avec le Yémen vient d’être effectuée. Bien sûr, cette vente paraît ridicule par rapport au record de 100 milliards de dollars dans diverses transactions d'armes sous l'administration Obama. Mais l'approbation par Trump de la vente d’armes au «premier sponsor du terrorisme dans le monde» au cours de ses premières semaines, indique qu'il a l'intention de continuer à la fois les ventes d'armes et le soutien militaire, malgré les résultats catastrophiques pour le peuple yéménite. Les deux premières semaines de l'administration Trump ont également produit un raid des États-Unis contre «Al-Qaïda» au Yémen. Le raid a entraîné la mort d'un Navy Seal de la marine américaine et de 30 Yéménites innocents.

Dans le monde de Trump, où seul l'argent parle, les pauvres yéménites sont donc, non seulement massacrés chez eux, mais en plus ils sont interdits d'entrer aux États-Unis. Quant aux Syriens fuyant la violence, ils sont dépeints comme des terroristes, tandis que les princes saoudiens qui s'accrochent au pouvoir en torturant et décapitant des dissidents innocents, obtiennent le passage sûr vers leurs lupanars de luxe dans les Trump Towers de Manhattan.

Le jour où les Syriens et les Yéménites accepteront de faire exploiter leur gaz et leur pétrole par l’Oncle Sam, ils ne seront plus considérés comme des terroristes. Dans ce domaine, Bush Sr, Bush Jr, Clinton, Obama ou Trump, c’est «kif kif bourricots».

Source : numidia-liberum.blogspot.com

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