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   Par Samer R. Zoughaib

La rencontre inter-syrienne d’Astana, au Kazakhstan, s’est achevée mardi 24 janvier, par un communiqué conjoint entre la Russie, l’Iran et la Turquie annonçant un accord sur un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. Le texte souligne aussi l’engagement des participants envers la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie, en tant que pays démocratique, multiethnique, multiconfessionnel et non sectaire.

La rencontre d’Astana marginalise Washington et décrédibilise les extrémistes.

Après deux jours de négociations, la rencontre inter-syrienne d’Astana, organisée sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, a été couronnée par la publication d’un communiqué conjoint. Le document, lu par le ministre kazakh des Affaires étrangères, Kaïrat Abdrakhmanov, comporte les principaux points suivants:
 
-(L’Iran, la Russie et la Turquie) soulignent leur engagement envers la souveraineté, l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale de la Syrie en tant que pays démocratique, multiethnique, multiconfessionnel et non sectaire, éléments qui ont reçu l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU.

-Téhéran, Moscou et Ankara estiment que la crise syrienne ne sera jamais réglée par une solution militaire et que seul un processus politique, basé sur la mise en œuvre de la résolution 2254 du Conseil de sécurité, pourra mettre fin à cette guerre de six ans.

-Ces trois pays ont décidé de créer un mécanisme tripartite afin de superviser et garantir le respect du cessez-le-feu, empêcher tout acte provocateur et définir les modalités de sa mise en œuvre.

-Ils insistent sur leur volonté de mener une lutte conjointe contre «Daech» et le «Front al-Nosra» (rebaptisé le «Front Fatah al-Cham») et faire une distinction entre les groupes d’opposition et les terroristes.

Le chef de la délégation gouvernementale syrienne et représentant permanant de la Syrie auprès de l’Onu, Bachar al-Jaafari, a déclaré dans un commentaire que les parties aux négociations étaient parvenues à un accord portant sur la lutte conjointe contre le terrorisme.

«Nous évaluons positivement les négociations, a-t-il dit à la presse. Tous les efforts, déployés au profit du peuple syrien et de son gouvernement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, sont fructueux et nous sommes reconnaissants. Nous verrons comment mettre en pratique les résultats annoncés», a ajouté M. Jaafari.

L'envoyé spécial de Vladimir Poutine pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev, s’est également félicité du «succès» de la rencontre d’Astana. Il a précisé que la partie russe a «donné à des fins d'étude à l'opposition armée un projet de Constitution syrienne préparé par les spécialistes russes, afin d'accélérer le processus».

Les extrémistes insatisfaits

Les groupes extrémistes présents dans la capitale kazakh étaient plutôt insatisfaits des résultats de la rencontre. Mohammad Allouche, le chef de la délégation des groupes armés, a accusé Damas et Téhéran d’être responsables de l'absence de «progrès tangible dans les négociations». «Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun progrès tangible en raison de l'intransigeance de l'Iran et du régime», a-t-il dit.

Une source proche de la délégation «rebelle» a annoncé à la presse que les groupes armés avaient soumis «un document, qui doit être examiné par les Russes et l'Onu, sur la mise en place des mécanismes visant à renforcer le cessez-le-feu». «S'il est approuvé, ce sera un très bon résultat en vue du renforcement du cessez-le-feu», a estimé M. Allouche.

Cette annonce signifie que les groupes extrémistes n’ont pas officiellement accepté le «mécanisme tripartite» dont il est question dans le communiqué conjoint, sinon ils n’auraient pas soumis leur propre projet.

Même attitude négative vis-à-vis du projet de Constitution avancée par la partie russe. «Les Russes ont posé un projet sur la table mais nous ne l'avons même pas pris. Nous leur avons dit que nous refusions de discuter de cela», a déclaré une source des groupes armés à l'AFP.

Montée en puissance des acteurs régionaux

Au-delà des résultats immédiats, la rencontre d’Astana va accélérer le processus de délitement des groupes armés, qui ont montré qu’ils n’avaient aucune marge de manœuvre à l’égard de leurs opérateurs régionaux. Ils ont d’ailleurs dérogé lors des deux jours de négociations à toutes les règles de la bienséance et de la diplomatie, faisant preuve d’un amateurisme sans limite et d’une irresponsabilité affligeante. Leurs déclarations sont en contradiction totale avec le ton du communiqué conjoint et leur discours était destiné à la consommation médiatique plutôt qu’à la recherche de moyens de mettre un terme à la guerre et d’alléger les souffrances du peuple syrien. Prise entre le marteau de leurs opérateurs régionaux et l’enclume des groupes ultra-extrémistes, la délégation de l’opposition armée n’avait ni la volonté ni la force de négocier un vrai accord. D’ailleurs, la première conséquence de la participation de cette délégation à la rencontre d’Astana s’est manifestée à Idleb, où les terroristes d’«al-Nosra» ont lancé une campagne de liquidation des groupes rivaux, pour prendre le contrôle du terrain, en prévision d’un éventuel accord. Les combats entre extrémistes ont fait des dizaines de morts et de blessés ces deux derniers jours et «al-Nosra» a pris le contrôle de la ville de Sarmada. Ce qui signifie que les groupes présents aux négociations n’ont pratiquement aucun moyen de mettre en œuvre un quelconque accord.

La rencontre d’Astana a donc fini par décrédibiliser des groupes armés minés par leurs dissensions, et qui ont depuis très longtemps perdu toute légitimité populaire.

Sur un autre plan, la rencontre d’Astana, qui s’est déroulée sans la participation des Etats-Unis (représentés uniquement par leur ambassadeur au Kazakhastan), consacre la marginalisation de Washington. De négociateur principal –on se souvient des réunions marathon entre John Kerry et Sergueï Lavrov- les Etats-Unis sont passés au rôle subalterne d’observateur.

Cette marginalisation s’est faite au profit de la Russie et des puissances régionales, notamment l’Iran et la Turquie, qui sont maintenant les principaux acteurs en Syrie.

L’isolement de l’Amérique devrait s’accentuer dans les mois à venir, surtout que le nouveau président, Donald Trump, a une vision différente de son prédécesseur Barak Obama, qui s’articule sur d’autres priorités, parmi lesquelles ne figure pas le renversement du président Bachar al-Assad… sauf si le lobby militaro-sécuritaire parvient à imposer sa volonté au président.

Source: french.alahednews

25-01-2017 | 12:49
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