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Bismillah Al Rahmane Al rahim. Avant de commencer à développer les titres prévus, permettez-moi d'évoquer un dossier personnel. Régulièrement depuis quelque temps, des parties médiatiques et certains réseaux sociaux parlent de ma mort, ou de mon atteinte d'une embolie cérébrale, ou encore d'une attaque cardiaque, ou même d'un cancer. Je voudrais dire à tout le monde de cesser de prêter la moindre attention à ces informations car elles sont dénuées de tout fondement. Elles font partie de la guerre psychologique et des rumeurs qui visent à déranger et à semer le doute, ni plus ni moins. J'affirme donc à tous, d'abord que la vie est entre les mains de Dieu. Ensuite, sur le plan de la santé, en toute sincérité, je ne souffre d'aucune maladie, grâce à Dieu. Je ne prends aucun médicament parce que je n'en ai pas besoin. C'est pourquoi, il faut fermer ce dossier de l'état de santé. De plus, si quelqu'un meurt ou est tué ou encore tombe en martyr, c'est la décision de Dieu et lorsqu'elle arrive, elle ne peut pas être gardée secrète. On ne peut pas cacher la mort de quelqu'un. Cela peut arriver dans certains lieux, mais pas chez nous. J'ai donc voulu évoquer cette question au début, pour en finir.

Dans certains réseaux sociaux, on a parlé de la limonade. Oui, j'en ai bu, tout en prononçant mon discours, mais cela n'a rien à voir avec l'état de santé. Lorsqu'on compte, comme moi, parler pendant une heure, la limonade aide à éviter le dessèchement de la bouche. Certains orateurs prennent de l'eau, mais je leur conseille de boire de la limonade car elle est utile en général.

Nous en arrivons à nos sujets.

Nous avons d'abord des occasions religieuses à célébrer, ainsi que des événements politiques à évoquer, comme le souvenir de la signature de l'accord du 17 mai au Liban en 1983, avec l'ennemi israélien, que les Libanais ont fait chuter par leur sang et celui de leurs martyrs et de leurs résistants, ainsi que le triste souvenir de la nakba en Palestine et pour le monde arabe le 15 mai 1948.

Comme d'habitude, j'ai préparé un plan avec plusieurs sujets. Je compte parler une heure. Si le temps prévu s'écoule sans que j'aie évoqué tous les sujets, j'en laisserai quelques uns pour une autre occasion.

Je vais donc dire deux mots sur la nakba. Je parlerai ensuite de la situation au Qalamoun - et c'est mon sujet principal-, puis je passerai à l'élection présidentielle libanaise, notamment après la conférence de presse du général Michel Aoun hier, avant de parler de Bahrein puis du Yémen.

Je commence par la nakba : La nakba dont le peuple palestinien et avec lui une partie non négligeable de la oumma revit le soixante-septième anniversaire est le résultat d'une défaite qui a frappé l'ensemble de la oumma. C'est une vérité. Les peuples de la région ont affronté le projet sionisto-britannique à cette époque et les terres palestiniennes ont été occupées. L'entité sioniste qui a violé nos terres et poussé à l'exode des centaines de milliers de Palestiniens a été créée. Une situation agressive nouvelle et dangereuse a été créée dans la région et on l'a appelée Israël. Elle s'est ensuite étendue en 1967 et elle a lancé des guerres, des agressions, et perpétré des massacres contre les peuples de la région, ses Etats, ses gouvernements et ses armées, en Palestine, au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Egypte. Les agressions ont été permanentes et le sont encore contre les peuples palestinien et libanais et l'ennemi s'exprime à travers ses guerres et montre sa vraie nature comme ce fut le cas pendant la guerre de juillet ou encore dans els guerres contre Gaza.

En ce soixante-septième anniversaire de la nakba, il faut tirer les leçons et expliquer aux nouvelles générations ce qui s'est passé pendant cette période. Nous devons voir pourquoi cela s'est passé et expliquer aux nouvelles générations les erreurs commises dont nous continuons à payer le prix aujourd'hui encore. Nous devons ainsi définir les responsabilités à cette époque et préciser qui les a assumées, qu'il s'agisse de simples gens ou de gouvernements arabes, des rois, des présidents et des émirs ou des élites arabes. Nous devons en parler franchement pour que les nouvelles générations perçoivent les dangers qui les guettent. Nous voulons aussi parler des occasions perdues, de la négligence, des faux calculs, des intérêts privés et sectaires, des intérêts des groupes aux dépens de ceux de la oumma, de la perte des priorités, des trahisons des deals pour préserver des trônes et des positions ou pour en créer d'autres. En même temps, nous devons évoquer les positions courageuses, héroïques, nobles de leaders, d'élites ou de personnalités, de résistants. Ceux-là parlent de l'injustice dont ils ont été victimes et du lâchage dont ils ont fait l'objet, alors qu'ils se sont battus jusqu'à la dernière goutte de sang. Tout cela doit être évoqué. Les deux situations doivent être présentes, même si la première est la plus importante et la plus dangereuse. C'est elle qui a abouti à la nakba et au résultat catastrophique de la perte de la Palestine et des symboles sacrés de la oumma, ainsi que de la dispersion de son peuple et tout les dommages qui en ont découlé pour les gouvernements et pour les peuples de la région. Nous devons faire tout cela, certes pas aujourd'hui. Mais c'est un appel que j'adresse un appel, dans ce but, à tous ceux qui considèrent qu'ils ont une part, même infime, de responsabilité dans le passé, le présent et le futur de la oumma.

Nous avons besoin de revoir ce passé aujourd'hui. Car nous nous trouvons devant une nakba encore plus grande et plus dangereuse, celle du projet takfiriste. La première nakba a été le résultat du projet sionisto-britannique et celle d'aujourd'hui est le résultat du projet sionisto-américain. Ce projet est utilisé par les Etats-Unis pour affaiblir la oumma et la déchirer pour mieux la contrôler et s'emparer de ses ressources. Nous affrontons aujourd'hui les mêmes anciens problèmes : la prise de conscience du danger, la perte du sens des responsabilités, la perte des occasions, les faux calculs, la priorité des intérêts privés, confessionnels ou sectaires sur ceux de la oumma. Tout cela se passe aujourd'hui. L'Histoire se répète, sous des titres différents et des formes différentes mais avec le même contenu. En même temps, l'espoir de l'éveil, de la capacité et de la résistance demeurent, pour affronter ces nouveaux dangers.

La nouvelle nakba est donc plus dangereuse et plus grande que celle de 1948. La Palestine avait alors certes été perdue, mais le peuple palestinien a survécu et les lieux sacrés sont restés même sous l'occupation. La cause palestinienne est née. Mais la nakba d'aujourd'hui, fabriquée par les takfiristes détruira la cause palestinienne et les lieux saints. plus grave encore, elle détruira des peuples et des Etats, du Liban à la Syrie, en passant par l'Irak, le Yémen, Bahrein, la Lybie, l'Egypte, le Pakistan et l'Afghanistan...Elle touchera l'ensemble du monde arabe et musulman, là où il y a des takfiristes, des leaders ou des combattants ou encore un environnement favorable, un prolongement culturel, militaire, financier ou médiatique...Cette nakba atteindra la oumma et même ceux qui l'appuient ou la fabriquent, où qu'ils se trouvent. C'est pourquoi il est important de profiter des leçons de la première nakba et de l'Histoire récente, dont nous subissons encore les conséquences et dont nos pères et nos grands pères ont souffert, alors que nos petits enfants en souffriront eux aussi probablement, pour assumer nos responsabilités face au projet américano-takfiriste qui veut créer une nouvelle nakba encore plus grave que la précédente. Car cette nakba ne laissera rien, ni les peuples, ni les gouvernements, ni les Etats, ni les lieux saints. Le paysage que nous évoquions il y a deux ou trois ans et même il y a quelques mois est en train de se concrétiser dans plus d'un pays : des destructions, des tueries, des massacres, des déchirements, un effritement...c'est ce qui attend la oumma si elle se tait sur le projet takfiriste ou si elle se laisse faire comme elle l'a fait avec le projet sioniste.

Le second sujet que je vais évoquer c'est celui du Qalamoun. Je vais parler de quelques points en résumé ainsi que des résultats et des perspectives.

1- Dans les faits : Depuis quelques jours, il y a des affrontements continus dans la région du Qalamoun entre deux parties : d'un côté il y a l'armée syrienne et avec elle des forces populaires de défense nationale ou de comités populaires ainsi que des volontaires en général des fils des villages et des villes du Qalamoun qui ont eu des martyrs dans ces affrontements, ainsi que les hommes de la résistance islamique au Liban. Dans l'autre camp, il y a les groupes armés présents dans cette région, à leur tête le Front Al Nosra et Daech, dans le jurd du Qalamoun en Syrie et dans une grande partie de la chaîne orientale libanaise. Le champ de bataille est formé d'une série de collines et de cimes. Vous avez vu les images sur les chaînes de télévision. Elles sont claires. Lorsque nous parlons de collines, il s'agit en fait de hautes montagnes et de sommets dont certains atteignent 2500m au dessus de la mer, comme Tallet Moussa. ;; En réalité, il s'agir donc d'une succession de sommets , de vallées et de montagnes à la géographie difficile et dure qui s'étendent sur plusieurs centaines de kilomètres.

Cette géographie difficile, c'est-à-dire ces collines, ces vallées et ces montagnes sur une large superficie, regroupait plusieurs positions militaires, surtout dans les cimes qui surplombent les villages du Qalamoun en Syrie et les localités au Liban, dans la région de Baalbeck-Hermel ou les points de passage et les positions militaires.

2- Il y a aussi dans cette région des cmaps d'entraînement militaires ainsi qu'un grand nombre de grottes naturelles et de lieux pour regrouper les éléments armés, déposer les armes et les munitions, et installer des usines pour fabriquer des voitures piégées qui avaient été volées. Nous avons vu quelques unes de ces voitures sur els écrans de télévision, ainsi que des chambres de commandement militaire. mais le plus important c'est que cette zone abrite aussi les voies de passage des combattants et des armes de Ersal et vers le jurd du Qalamoun jusqu'à la région de Zabadani et les régions du rif de Damas. Sur ce champ de bataille, il y a eu beaucoup d'affrontements violents à toutes les étapes de la confrontation, qui ont abouti au retrait des combattants et à leur défaite. les affrontements se déroulaient d'une colline à l'autre, d'une vallée à l'autre. Et pour être juste avec nos ennemis, il est faux de dire, comme on l'a fait dans les médias, qu'ils ont fui sans se battre. Là om ils le pouvaient, ils se sont battus et ce n'est qu'en voyant l'ampleur de leurs pertes humaines et matérielles qu'ils se décidaient à se retirer devant les coups qui leur étaient assenés.

Ce sont les faits. Je vais maintenant parler des résultats jusqu'à présent : je ne parle pas d'une étape terminée ou d'une phase qui commence. Nous sommes encore en plein dans la bataille. Quels sont les résultats jusqu'à aujourd'hui ? Je vais parler des résultats immédiats sur le terrain, sans évoquer les autres qui sont plus larges, comme par exemple les conséquences de la bataille du Qalamoun sur l'ensemble de la confrontation en Syrie, ou dans la région, ou encore comment l'ennemi israélien suit attentivement les développements de cette bataille, qui a par conséquent, un impact sur la lutte avec lui... Bref je n(‘évoquerai pas ces questions stratégiques, car le temps ne le permet pas.

Dans les résultats immédiats, je vais aborder quelques points :

-Les groupes armés ont essuyé une cuisante défaite et se sont retirés de tous les lieux où il y a eu des affrontements. Ils ont été vaincus et se sont retirés.

-Près de 300 kms de territoire syrien et libanais qui était contrôlé par les groupes armés a été libéré. Certes la plus grande partie de cet espace est syrien.

-Toute la présence armée dans cet espace libéré a été totalement détruite qu'il s'agisse de camps d'entraînement, d'usines de fabrication de voitures piégées (celles-ci ont été détruites pour qu'elles ne risquent pas d'exploser lorsque nos frères souhaiteront en désamorcer les explosifs). Comme vous le voyez, certaines voitures ont des plaques d'immatriculation libanaises et sont piégées avec 500 kgs d'explosifs. Elles étaient donc destinées soit à l'intérieur syrien soit à l'intérieur libanais, même si la plaque d'immatriculation libanaise laisse croire que c'était surtout au Liban qu'elle était destinée.

-Il y a aussi de nombreuses pertes humaines et matérielles chez les groupes armés. Je ne souhaite pas évoquer de chiffres.

-Les différentes jurds ont été reliés entre eux, que ce soit en Syrie ou au Liban et même entre les deux. Autrement dit, le jurd de Assal al Ward-Jebbé et Rass Maarra ont été reliés entre eux et les combats se déroulent maintenant dans le jurd de Flita. Ces parties ont été reliées avec le jurd de Brital, Baalbeck, Nahlé et Younine. Ce qui signifie que toute cette zone est désormais reliée entre elle et les groupes armés en ont été totalement chassés.

-La région de Zabadani a été totalement séparée des régions contrôlées par les groupes armés dans le Qalamoun et le jurd de Ersal. Les voies de passage vers le rif de Damas ont été totalement coupées. A ce sujet, je veux préciser que la plus grande source d'approvisionnement et de circulation clandestine des groupes armés vers le rif de Damas et la région de Zabadani vient du Liban et en particulier de Ersal, en dépit de mesures prises par l'armée libanaise. Les armes, les munitions, l'argent et les provisions partent de Ersal et arrivent dans les camps de réfugiés autour de cette localité avant de prendre le chemin du jurd de Ersal puis celui du jurd du Qalamoun et à partir de là vers les autres secteurs. Aujourd'hui, la voie vers le Zabadani a été coupée ainsi qu'une grande partie des voies vers le rif de Damas.

-Je ne veux pas exagérer mais ces combats ont assuré un plus haut niveau de sécurité pour les localités du Qalamoun syrien et même pour pour la route qui relie Damas à Homs.

-De même, les localités libanaises limitrophes du jurd sont plus sûres. Je ne parle pas d'une sécurité absolue, car les combattants sont encore dans le jurd libanais, mais seulement dans celui de Ersal. Ils ont été chassés du jurd de Younine, Nahlé, Baalbeck et Brital, jusqu'à Toufayl. Mais ils sont encore dans le jurd de Ersal qui est plus petit que le jurd du Qalamoun syrien. Mais tant qu'ils y sont on ne peut pas parler de sécurité totale.

-Toujours dans les résultats de ces combats, on peut dire que nous avons réussi à contrôler une grande partie des cimes, notamment la colline de Moussa et celle de Sadr al Bustan, ainsi que Jabal al Barouh et Kornet Abdelhak. Ce qui permet à l'armée syrienne et aux résistants d'avoir une plus grande visibilité et puissance de feu sur de larges étendues. Ce qui limite les déplacements des groupes armés.

-Toujours dans les résultats, je voudrais parler de nos martyrs. Je ne le fais pas d'habitude, mais je fais faire une exception pour la bataille du jurd du Qalamoun. Car dès le premier jour de la bataille,, des médias libanais et arabes qui ne sont pas avec nous ont parlé de 40 martyrs ; nous avons publié un communiqué au deuxième ou au troisième jour et nos martyrs étaient alors de trois. Mais ces médias ont continué à avancer leurs chiffres et en dix jours, ils ont parlé de 150 martyrs. La réalité est que dans cette bataille, le Hezbollah a eu 13 martyrs. Certes, pour nous, chaque martyr est important et cher, mais je cherche en divulguant ce chiffre à montrer l'étendue de leurs mensonges prémédités et systématiques. Croyez-vous que celui qui lance les chiffres de nos martyrs a des informations ? Pas du tout ! Même l'armée syrienne n'a que 7 martyrs. Ce qui veut dire que nous sommes face à une grande victoire sur le terrain. Les experts militaires peuvent le dire. Ce n'est pas mon rôle. Je ne me considère pas comme un expert et j'apprends des jeunes sur le terrain. ils m'expliquent l'importance de cette victoire sur le plan militaire, mais aussi technique et dans l'art de la guerre dans les montagnes, notamment sur un champ de bataille d'une longueur de 30 kms et d'une largeur de 10 kms.

Avant de passer au second paragraphe, il est de mon devoir de rendre hommage aux martyrs tombés au Liban et en Syrie et dont le sang a nourri la oumma, parce qu'ils font face à la nouvelle nakba. Je salue aussi leurs nobles familles qui ont donné leurs fils dans cette guerre juste. Je les bénis et je leur présente mes condoléances. Tout comme je salue les blessés atteints au cours de cette bataille, dans laquelle le sang syrien et libanais s'est mêlé pour affronter la menace takfiriste. Je leur souhaite le plein rétablissement. je salue encore les soldats, les officiers et les résistants qui avec leur courage et leur héroïsme ont assuré ce succès qui constituera une nouvelle victoire pour le Liban, la Syrie, la Palestine et l'ensemble de la oumma.

Il ne s'agit pas maintenant de s'arrêter à cette bataille, mais d'aller plus loin encore et essayer de voir quelles sont les nouvelles perspectives.

1-Avant cette bataille, les Libanais ont vécu l'ampleur des menaces qui étaient lancées. Je ne vais pas les répéter, même si elles ont commencé ici et sont arrivées jusqu'au Pakistan. Nous avions alors dit que cela ne changeait rien à nos convictions. La conclusion est la suivante : lorsqu'on a un objectif clair et juste, les menaces ne peuvent pas effrayer. Au contraire, elles renforcent la détermination et les convictions. Je le dis pour aujourd'hui et pour ce qui va venir demain. Ne vous trompez pas dans vos estimations. Si vous êtes convaincus de la justesse de la cause que vous défendez rien ne pourra vous arrêter.

2-Il y a eu des tentatives méprisables, permettez-moi d'utiliser ce mot, pour tenter de créer un conflit entre l'armée libanaise et la résistance au Liban. Il a été dit que le Hezbollah, dans son commandement et ses cadres, ainsi que son public ont lancé une campagne contre l'armée en la trahissant et en l'accusant. C'est totalement faux et n'aucun fondement. C'est sans doute le souhait de ceux qui disent cela, mais la résistance n'a jamais voulu entraîner l'armée dans cette bataille. Nous tenons à chaque soldat et à chaque officier. Nous sommes soucieux de chaque goutte de leur sang, car l'armée libanaise est la garantie du pays. Nous ne voulons absolument pas la coincer et nous exprimons à la moindre occasion le respect que nous éprouvons pour elle, pour ses hommes, ses martyrs et son commandement. Cela ne changera pas et que ceux qui veulent semer la discorde restent à l'écart.

3-Le troisième point est sans doute le plus important : il s'agit de la défense frénétique des terroristes.

Si vous avez remarqué, avant même le début de cette bataille, des forces politiques au Liban ( je ne vais pas les nommer. Je ne dirais même pas le 14 Mars, car il y a dans ce groupe, des gens qui ont gardé le silence) et les médias qui leur sont affiliés, ainsi que des médias arabes, ce que j'appelle « les chaînes satellitaires de la Tempête de la Fermeté » ont commencé à défendre frénétiquement les groupes armés dans le jurd de Ersal et du Qalamoun. Ils menaient en réalité la bataille en faveur de ces groupes armés, sur le plan médiatique, politique, psychologique et incitateur. Avant le début de la bataille, ils ont créé une atmosphère, en plus de s menaces, qui semblait dire que le Hezbollah n'oserait pas entrer dans cette bataille. S'il osait le faire, il irait vers une catastrophe, une défaite cuisante et de grandes pertes. Le Qalamoun serait en quelque sorte le cimetière des résistants. Ils se sont aussi étendus sur les moyens et les fortifications érigées par les combattants. Ils disaient aussi que tout ce tapage montre que la bataille n'aura pas lieu. Puis lorsqu'elle a commencé, ils ont immédiatement parlé de 40 martyrs chez le Hezbollah. Mais une fois que les moujahidins ont commencé à marquer des victoires, ils ont commencé à minimiser celles-ci, allant jusqu'au point de les nier. Maintenant, ils ne peuvent plus le faire, car ce n'est pas seulement l'information guerrière qui filme le champ de la bataille, d'autres médias s'y sont rendus et ont rapporté des images. Ils disent donc désormais que la bataille du Qalamoun n'a aucune importance.

Mais le plus important dans tout cela, c'est la sympathie que ces parties éprouvent à l'égard des groupes armés et cela mérite qu'on s'y arrête. Ils les qualifient ainsi de révolutionnaires. Mais qui sont ces révolutionnaires ? Je ne cherche pas à discuter la signification du mot, mais je demande aux soldats de l'armée, aux familles des martyrs de l'armée, à tous ceux dont les enfants ont été tués, blessés ou enlevés, selon eux ceux qui combattent dans le jurd contre la résistance et l'armée syrienne sont-ils vraiment des révolutionnaires ? Ces groupes qui ont attaqué Ersal et ont occupé des positions de l'armée, en confisquant ses armes et ses équipements sont-ils réellement des révolutionnaires ? Ou bien sont-ils des terroristes et des criminels ? Il faut une réponse. Ceux qui descendent à Ersal, enlèvent ses habitants et parfois les rendent morts sont-ils des révolutionnaires ou des terroristes ? Ceux qui ont agressé les fils des familles de Baalbeck-Hermel ( je ne veux pas citer des noms) et de Brital, jusqu'à maintenant certains n'ont pas été retrouvés, sont-ils des révolutionnaires ou des assassins ?

Ceux qui ont lancé des missiles contre les positions de l'armée et ont bombardé les villages de Baalbeck-Hermel, Laboué, Ras Baalbeck, Kaa, Nabi Osman, Iaat, Baalbeck, Nabi Chit, Brital, Talia, Seriine Fawka et la plaine, sont-ils des révolutionnaires ou des terroristes ? Ceux qui ont envoyé des voitures piégées au Hermel, ont tué les gens et ont attaqué les barrages de l'armée sur la route de Hermel et à Nabi Osman ou encore dans la banlieue sud et à Bir Hassan, sachant que els voitures piégées découvertes avant d'exploser sont aussi nombreuses que celels qui ont explosé, sont-ils des révolutionnaires ?

Les groupes armés qui occupent entre 250 et 300 kms du jurd libanais de Ersal sont-ils des révolutionnaires ou des terroristes ?

Ils occupent les lieux par la force des armes. Les soldats libanais sont interdits d'entrer dans les zones qu'ils contrôlent. Plus même, n'importe quel citoyen libanais n'a pas le droit d'entrer dans les lieux qu'ils contrôlent qu'il s'agisse d'un paysan ou d'un cultivateur. Il est aussitôt enlevé et quand il n'est pas égorgé il est échangé contre une rançon. Est-ce vrai ou non ?

Tous les actes que j'ai évoqués sont-ils vrais ou faux ? Ceux qui les accomplissent sont-ils des révolutionnaires ou des terroristes ?

Je voudrais demander à ces forces politiques et médiatiques qui les appuient quelle est la référence idéologique et religieuse ou encore culturelle de ces groupes ?

S'il s'agit de l'Arabie saoudite, gardienne des Lieux saints de l'Islam, des ulémas saoudiens, ce royaume a publié une liste des organisations terroristes dans laquelle figurent Daech et Al Nosra. Si l'Arabie est votre référence politique, voilà donc comment elle vous classe.

Si la référence politique est la communauté internationale, celle-là aussi les classe dans sa liste des organisations terroristes.

Si la référence est la justice libanaise, elle els juge pour leur appartenance à des groupes terroristes ! C'est la justice libanaise que vous voulez renforcer et défendre.

Dans ce cas, quelle est donc cette référence ? Comment pouvez-vous les qualifier de révolutionnaires et comment pouvez-vous les appuyer politiquement, médiatiquement, psychologiquement et moralement, tout en souhaitant leur victoire ? Vous allez même plus loin. j'en parlerai par la suite.

Il s'agit donc d'un véritable problème. Si nous voulons parler de ce qui vient et de ce qui va suivre ce qui vient, il faut couper la voie à la discorde dans l'avenir. Mais je voudrais d'abord dire - j'y ai fait allusion, mais je voudrais le préciser-les habitants de Baalbeck et tous les habitants de la Békaa, quelles que soient leurs appartenances religieuses ou confessionnelles ont le droit d'aspirer à voir le jurd de leurs localités libérés de ces groupes armés. Les habitants de kaa, de Brital, de Nahlé, de Younine, de Baalbeck, de Hermel ont tous le droit d'aspirer au départ de ces groupes de coupeurs de têtes de leur jurds. Ce jour viendra d'ailleurs. Quand et comment ? nous ne le dirons pas pour l'instant.

Ce jour viendra. Sur le territoire syrien, il s'agit d'une décision syrienne. Sur le territoire libanais, si l'Etat libanais et le gouvernement veulent être permissifs et accepter la présence de terroristes sur leur sol qui agressent la population et l'armée, le peuple lui, ne l'acceptera pas. Les habitants de la Békaa et de Baalbeck-Hermel ne l'accepteront pas.

Les habitants de Baalbeck-Hermel qui ont été au Sud pour combattre Israël, alors que nous célébrons bientôt la victoire sur cet ennemi, qui ont donné des martyrs dans cette bataille n'accepteront pas que leur jurd soit occupé par des terroristes. Ils n'accepteront pas que leurs maisons et leurs villages soient à la merci de ces groupes armés. Si l'Etat ne veut pas assumer ses responsabilités, le peuple, lui, le fera. Aucune ligne rouge ne les empêchera d'atteindre leur objectif.

Je veux être clair. J'appelle l'Etat à assumer ses responsabilités. C'est encore possible. J'appelle aussi les amis de ces révolutionnaires à assumer leurs responsabilités. Puisqu'ils sont leurs amis, qu'ils leur demandent de s'en aller.

Vous êtes en train d'aider et de protéger ceux qui tuent au ralenti depuis des mois les soldats pris en otages et qui jouent impitoyablement avec les nerfs et les sentiments de leurs proches. Puisque vous êtes leurs amis, demandez-leur de cesser ce jeu cruel.

En tout cas- pour être précis, je vais lire ce que j'ai écrit-, depuis le début, nous avions dit que nous allons vers une bataille. Celle-ci a commencé. Nous ne parlerons pas d'un délai ni de durée, ni même d'étapes ou d'espace géographique. La bataille parlera d'elle-même. Elle l'a d'ailleurs déjà fait. Je confirme aujourd'hui qu'il s'agit d'une bataille ouverte dans le temps et l'espace. Il est de notre droit et de celui des habitants de la Békaa, surtout ceux de Baalbeck-Hermel, de voir le jour où les terroristes quitteront notre jurd, notre frontière et les limites de nos villages. C'est un objectif légitime. Que l'Etat assume ses responsabilités. Sinon, le peuple libanais saura prendre les initiatives comme il l'a fait dans l'Histoire. Ce peuple qui a vaincu les sionistes , en dépit de leur force et de leur arrogance, parviendra avec l'aide de Dieu, à vaincre les groupes terroristes, quel que soit l'appui dont ils bénéficient et quelle que soit l'identité de ceux qui se tiennent derrière eux dans le monde.

Je crois que cela suffit pour l'instant au sujet du Qalamoun.

Je passe donc au sujet suivant que j'évoquerai rapidement. Après la dernière conférence de presse du général Michel Aoun, hier, au sujet de l'élection présidentielle, je voudrais commenter ainsi : le général Aoun essaie de trouver des issues à la crise du pouvoir qui secoue actuellement le Liban. J'invite les forces politiques à étudier sérieusement ces issues. J'ai compris que des délégations du bloc du Changement et de la Réforme vont rencontrer les autres blocs parlementaires. C'est bien. Je souhaite donc que les propositions avancées par le général fassent l'objet d'une étude sérieuse au lieu qu'on leur tourne le dos sous prétexte qu'il s'agit de paroles théoriques, car la situation interne sur le plan politique et l'impasse dans laquelle se trouve le pouvoir ont atteint un stade sensible et dangereux.

Il faut donc que ces propositions soient examinées. Soit elles sont acceptées dans leur totalité, soit une partie d'entre elles est acceptée. Celui qui a d'autres idées doit les présenter, car le pays ne supporte plus l'attente. Nous disons tous au Liban que la clé de la solution est dans l'élection d'un président, car elle règle la question de la possibilité du Parlement de légiférer. Bien que nous pensions que le Parlement a ce pouvoir. L'élection d'un président résout aussi le problème des 24 ministres et des prérogatives du président. En même temps, cette élection donnerait un élan dynamique au pays et une impulsion vers le règlement des échéances sécuritaires, économiques et sociales.

Nous sommes donc tous d'accord pour considérer l'élection présidentielle comme l'introduction à la solution. Mais si chacun reste chez lui, il n'y aura pas d'élection présidentielle. Et si chacun rejette la responsabilité sur l'autre, nous marquerons des points les uns sur les autres, mais sans aboutir à l'élection d'un président. De même, attendre l'extérieur ne servira à rien et n'aboutira pas à l'élection d'un président.

Des espoirs ont été placés les derniers temps sur le dialogue entre le CPL et le Courant du Futur. Je ne sais pas s'ils aboutiront à des résultats mais il semble qu'au sujet de la présidence, ils n'arriveront nulle part.

De même, des espoirs ont été placés dans le dialogue entre les Forces libanaises et le CPL. J'ignore s'ils ont abouti à une entente au sujet de la présidence. Il y a eu aussi des paris sur le dialogue entre le Courant du Futur et le Hezbollah et nous avons dit que nous étions prêts à discuter cette question, mais nous avons été clairs dès le premier jour en disant que ce sujet doit être discuté avec le général Aoun, pas avec nous. Il y a eu aussi des paris sur les réunions des quatre pôles chrétiens à Bkerké, mais ces réunions n'ont pas abouti à une entente sur ce dossier. Aujourd'hui, on en reparle, mais je crois que même si les pôles se retrouvent à Bkerké, ils ne parviendront pas non plus à une entente. Tout cela est donc terminé. C'est pourquoi, il faut chercher des issues. Dans le monde, lorsqu'il y a une impasse qui n'a pas de solution constitutionnelle, on cherche des issues. Dans les idées proposées par le général Aoun, il y en a une, mais je préfère qu'elle soit discutée en interne. Et comme les blocs parlementaires vont se rencontrer je n'en parlerai pas aujourd'hui. Mais je répète qu'il faut examiner sérieusement les propositions du général Aoun, loin des analyses superficielles, comme si qui étaient présentées avant le début de la bataille du Qalamoun. Prenez donc les choses avec un grand sérieux, la situation est grave et importante. Discutez les issues proposées, proposez-en d'autres, essayons de trouver des solutions à l'impasse du pouvoir, sans essayer de nous attaquer les uns les autres. Nul n'a intérêt à ce que se poursuive la vacance du pouvoir au Liban. L'intérêt national dans son sens large et noble exige l'élection d'un président de la République, que les institutions soient dynamisées et que nous sortions de cette route coupée. Pour cela, il faut des initiatives et des traitements.

Il nous reste encore quelques minutes. Je vais parler du peuple de Bahrein qui poursuit pour la cinquième année, ses manifestations et ses mouvements de protestation pacifiques. Il affronte l'oppression, les tortures et la prison. Il y a des milliers de détenus et l'état des prisons de Bahrein est lamentable. Non seulement, elles sont en violation des droits de l'Homme, mais il s'y passe aussi des choses horribles dans le silence et l'indifférence du monde. je dis donc à notre peuple noble et militant à Bahrein : ne désespérez pas. Le pouvoir mise toujours sur le temps et il veut que vous vous lassiez et que vous soyez fatigués et découragés. C'est pourquoi il arrête vos ulémas, vos chefs et vos figures emblématiques. Il les met en prison. Il réprime votre mouvement et il ferme toutes les portes du dialogue pour vous obliger à reculer et à céder. Ce que vous réclamez ne peut pas être obtenu par le simple souhait ou dans un court laps de temps, surtout que le monde et les Etats en général ne volent pas à votre secours. Le seul choix que vous avez est de poursuivre votre mouvement dans la voie que vous avez commencée. Votre lutte noble a besoin de ces sacrifices, de votre longue haleine que vous avez et pour laquelle vous êtes connus. Vous devez être convaincus que vous êtes les plus forts en dépit de l'arrogance de ce pouvoir qui va à Camp David pour demander au Grand Satan de le protéger parce qu'il a peur de son peuple. L'horizon reste ouvert, le mouvement se poursuit, ainsi que la fidélité et la loyauté envers les leaders, les figures symboliques et tous ceux qui croupissent dans les prisons ainsi qu'envers les martyrs et les blessés.
 
Vous êtes les hommes loyaux et ce que vous faites tous les jours en poursuivant votre mouvement finira par porter ses fruits et par réaliser les vœux des martyrs, des blessés, des prisonniers et des familles nobles et courageuses qui ont supporté tant de souffrances jusqu'à présent.

Un dernier mot sur le Yémen, au cinquante-deuxième jour de l'agression saoudo-américaine sur ce pays. Nous devons réitérer notre condamnation de cette agression contre le Yémen, sa population et son armée dans le silence continu du monde.

Au cinquante-deuxième jour de l'agression, nous répétons ce que nous avions dit au quarantième jour et même au début, dès le premier jour : elle n'atteindra pas ses objectifs. Aujourd'hui, nous ajoutons : elle a échoué. Je l'avais d'ailleurs déjà dit au quarantième jour. Donnez-moi un seul objectif atteint. Bien sûr, je vais essuyer des insultes pour cela. Mais je le dis quand même : revenez au communiqué de la coalition menée par l'Arabie saoudite et dites-moi si un seul objectif de la Tempête de la fermeté a été atteint. Ce qui s'est passé jusqu'à présent c'est ajouter un échec à l'autre. Et même plus que cela, ce qui se passe aujourd'hui au Yémen est le contraire des objectifs voulus et recherchés. S'il s'agit de faire plier les Yéménites, aujourd'hui, il y a une révolte unanime yéménite contre l'hégémonie et une aspiration à l'indépendance, à la dignité et à la souveraineté. S'il s'agit de détruire l'armée yéménite, elle est aujourd'hui plus soudée que jamais. S'il s'agit de briser Ansarallah, ce groupe est plus fort et plus déterminé qu'avant. S'il s'agit de réduire l'influence de l'Iran, cette agression a présenté l'Iran comme l'ami du peuple yéménite à travers ses positions et son comportement. Vous vous êtes par contre présentés comme le pire ennemi de ce peuple. C'est pourquoi, ce qui se passe aujourd'hui est à l'opposé des objectifs recherchés. Ils n'ont donc pas seulement échoué à réaliser leurs objectifs, mais ils ont réalisé exactement le contraire de ce qu'ils voulaient.

Si on veut voir l'autre aspect de l'agression, nous devons voir qu'ils ont réalisé quelque chose : la destruction, un grand nombre de morts, selon des statistiques officielles, faites par les organisations internationales, non par les forces yéménites qui résistent à l'agression. Un grand nombre d'enfants et de civils ont été tués, sans parler des blessés et des martyrs. Il y a aussi des destructions énormes.

Il y a même quelque chose d'étrange qui se passe au Yémen. On peut comprendre Qu'une armée ou une aviation militaire bombardent des infrastructures, des regroupements, des mosquées ( (Israël l'a déjà fait. Permettez-moi d'ailleurs hélas de faire une comparaison avec Israël) etc, mais a-t-on déjà vu une aviation militaire bombarder des mausolées ? Le mausolée du chef martyr sayed Badreddine el Houthi a été bombardé par 14 avions raids de l'aviation. Pourquoi ? Que des experts militaires et politiques ou des intellectuels nous expliquent ces bombardements d'un mausolée, au sommet d'une montagne où il n'y a rien d'autre, ni munitions, ni armes ? Il y a eu ensuite la destruction du mausolée du plus grand imam zaydite du Yémen, l'imam Yehya ben Hussein. Pourquoi ? Sayed Hussein Badreddine al Houthi est le fondateur des jeunes musulmans et d'Ansarallah. Il a donc créé un problème aux agresseurs. A la rigueur on peut comprendre la destruction de sa tombe. Mais celle de l'imam zaydite, une des figures d'une communauté musulmane chère qui existe depuis mille ans, d'ailleurs l'imam est mort il y a mille ans. Pourquoi détruire sa tombe ? Pourquoi détruire les vestiges de la civilisation du Yémen ?

J'ai une explication claire : c'est comme cela qu'ils pensent. C'est leur culture et leur civilisation. C'est la pensée des bédouins du désert qui leur est particulière et qui n'a rien à voir avec la pensée du Prophète qui a envoyé Sa miséricorde au monde en des jours comme ceux-là. J'ai déjà dit que les Saoudiens avaient fait la même chose chez eux. Ils sont la référence intellectuelle de Daech. Ce que fait Daech en Irak, en Syrie et ailleurs se réfère à cette pensée. Certains envoient des voitures piégées et d'autres bombardent avec les avions. Cette idée ne mérite-t-elle pas qu'on s'y arrête ?

Ils tuent un peuple et trouvent des justifications à cette action. Mais quel est donc leur problème avec les morts ? Quel est leur problème avec les martyrs ? Quel est leur problème avec les vestiges historiques ? Si quelqu'un a une autre explication que celle que j'ai avancée qu'il me la donne.

Le plus grave dans cette agression saoudo-américaine contre le Yémen et dans cette agression saoudienne directe, c'est qu'elle n'a pas respecté les symboles sacrés, elle a franchi toutes les lignes rouges et elle n'a rien laissé qui puisse être discuté par la suite. pourquoi a-t-elle fait cela ? Je suis triste de le dire, moi qui fais partie du peuple libanais, qui a été témoin des agressions israéliennes barbares, des massacres, des destructions, des femmes enceintes assassinées, des tueries comme celle de Deir Yassine, et d'autres en Palestine occupée, mais cet ennemi n'a pas bombardé des mausolées, des tombes et des symboles sacrés. L'ennemi israélien n'a pas bombardé le mausolée de Sayed Abbas pendant la guerre de juillet 2006, ni celui de cheikh Ahmed Yassine ni encore celui du martyr Fathi Choukaki. Il n'a pas bombardé des symboles religieux. Alors pourquoi l'agression contre le Yémen le fait-elle ? Même les hôpitaux, l'ennemi israélien en a bombardé quelques uns dans certains cas extrêmes. Par contre, au Yémen, ils ont été systématiquement détruits.

Ce que je voudrais dire c'est que cette agression saoudienne a créé un précédent dangereux. Elle n'a rien respecté, ni les vivants, ni les morts, ni les pierres, ni les combattants ni les civils, ni le passé ni le présent, ni la dignité humaine. Dans ce cas, que prépare-t-elle pour l'avenir de la région?

Face à ce modèle extrêmement dangereux, nous répétons ce que nous avions dit le premier jour : la oumma doit se dresser contre cette agression qui jette les fondements de la plus barbare des agressions et justifie ainsi toutes les autres, celles qui vont être menées dans l'avenir contre notre oumma, nos populations et nos Etats. Tout sera désormais permis.

Je demande à Dieu d'aider le peuple yéménite qui nous est si cher et de lui donner la patience et au final, la victoire. Je souhaite aussi la patience et la victoire au peuple du Bahrein et à tous les peuples irakien, syrien et dans l'ensemble du monde arabe et musulman qui souffrent de ce danger historique qui montre chaque jour qu'il est unique. Dans l'Histoire, il n'y a rien eu de tel. Pour que la nakba ne se répète pas et pour qu'il n'y en ait pas une plus grande, nous devons assumer la responsabilité. Nous, en tant qu'une partie des Libanais et une partie de la oumma, nous sommes prêts à assumer cette responsabilité, malgré l'ampleur des sacrifices. Nous pouvons avec tous les courageux et les nobles de la oumma, avec les résistants et les armées qui ont suffisamment de conscience historique, assumer cette responsabilité. Nous pouvons, avec tous les leaders de la oumma atteindre le rivage sûr et atténuer la catastrophe que pourrait provoquer cette nakba, tout en empêchant la nouvelle nakba de se produire et le nouveau projet d'atteindre ses objectifs. Nous sommes prêts et nous pouvons le faire même si cela exige de grands sacrifices. Nous voulons vivre dans la dignité et l'honneur et cela exige des sacrifices, aussi importants soient-ils.


25-06-2015 | 15:18
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