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Par Samer R. Zoughaib

A défaut de pouvoir empêcher le président Bachar al-Assad de se présenter aux prochaines élections présidentielles, les rebelles et leurs sponsors occidentaux, turcs et arabes veulent essayer de saboter le scrutin, prévu le 3 juin. C'est dans cette optique qu'il faut placer les dernières offensives lancées par les groupes armés aux quatre coins du pays.

Non seulement les Occidentaux et leurs alliés turcs et arabes ne sont pas parvenus à renverser le régime syrien, ils n'ont pas, non plus, réussi à écarter le président Bachar al-Assad du paysage politique de la Syrie de demain. Le dépôt par «le citoyen Bachar Hafez al-Assad» de sa candidature aux prochaines élections présidentielles, prévues le 3 juin, comporte une symbolique, marquant l'échec de la guerre universelle lancée contre la Syrie avec l'objectif avoué de provoquer la chute du régime. Trois ans plus tard, le régime est toujours là, avec à sa tête Bachar al-Assad, bête noire de l'Occident et ennemi juré d'«Israël».
L'élection présidentielle renforcera la légitimité du leader syrien, qui reste, de l'aveu des think tank et des services de renseignements occidentaux, la personnalité politique syrienne la plus populaire. Investi par les millions de voix qu'il devrait récolter lors du scrutin, Bachar al-Assad sera dans une situation politique plus confortable, face à des rois et des princes arabes qui n'ont jamais organisé de consultations populaires dans leur pays. Ce succès politique attendu, couplé aux avancées de l'armée syrienne sur le terrain, constitue un véritable cauchemar pour les ennemis de la Syrie. Aussi, ont-ils décidé de jeter tout leur poids dans la bataille pour tenter de saboter les élections du 3 juin.

Tous les fronts rallumés

C'est dans cette optique qu'il faut placer les offensives lancées par les rebelles depuis fin mars dans plusieurs régions du pays. Et partout, il apparait clairement que ces attaques sont commanditées et, parfois, directement dirigées par les sponsors régionaux des groupes armés.
Dans la province de Lattaquié, au nord, des rebelles dirigés par Abou Moussa al-Chichani (le Tchétchène) ont lancé une offensive contre le village historique arménien de Kassab. Profitant de l'élément de surprise et du soutien direct fourni par l'artillerie et l'aviation turques, ils ont réussi à prendre plusieurs villages dans la région, et sont même arrivés sur le littoral méditerranéen, en prenant le village de Samra.
Dès le début de cette attaque, les experts militaires ont souligné que les régions prises par les rebelles n'ont aucune importance stratégique, surtout qu'ils ont eu des centaines de morts et de blessés dans les combats. Mais la vaste offensive lancée quelques jours plus tard contre les quartiers Ouest d'Alep ont dévoilé le vrai plan. Kassab n'était en fait qu'une diversion, un écran de fumée, pour disperser l'effort guerrier de l'armée syrienne et la contraindre à dégarnir les fronts d'Alep.
Dans l'offensive contre la capitale économique de Syrie, l'empreinte de la Turquie est clairement visible. La coalition rebelle, qui a attaqué la ville, comprend un cocktail de groupes extrémistes directement liés aux services de renseignements turcs (La brigade Mohammad le conquérant, la brigade du Sultan Mourad etc...) et le Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaëda. L'offensive a été dirigée par Salaheddine al-Chichani puis par son adjoint Mouhannad.
Le but de cette attaque était d'encercler les quartiers Ouest d'Alep, tenus par l'armée syrienne, qui avait progressé dans la campagne à l'Est de la ville et qui était sur le point d'encercler les quartiers Est, tenus par les rebelles.
Au prix de centaines de morts et de blessés, les extrémistes ont réussi quelques percées et ont provisoirement occupé la banlieue de Ramoussa, menaçant la route de Khanasser, seule voie d'approvisionnement des quartiers Ouest. Cependant, les rebelles n'ont pas été en mesure de conserver ces gains, et, en quelques jours, l'armée a repris le terrain perdu et a avancé davantage.
Pour se venger des revers et des lourdes pertes subies, les groupes armés se sont déchainés à coups de mortiers, de roquettes et de bonbonnes de gaz contre les quartiers loyalistes, faisant des dizaines de victimes civiles.
Dans le même temps, les commandos marins de l'armée syrienne ont mené une opération spéciale, reprenant le littoral de Samra, pendant que les troupes terrestres occupaient plusieurs hauteurs stratégiques autour de l'Observatoire 45, près de Kassab.

Au Sud, la main d'«Israël»

Les rebelles ont également réchauffé le front sud, à Daraa et Koneitra. Les commanditaires dans cette région sont les Jordaniens, les Saoudiens et les Israéliens, sous la supervision des Etats-Unis. Les offensives lancées par les rebelles dans le district de Nawa ont pour but de prendre des collines stratégiques qui permettraient d'assurer une continuité géographique entre les territoires contrôlés par les rebelles à Daraa et Koneitra, près du Golan. Dans ce secteur, les groupes armés ont réalisé quelques avancées, sans toutefois atteindre leur principal objectif, surtout que l'armée syrienne a lancé une contre-offensive.
La réouverture du front de Koneitra coïncide avec des informations sur un plan israélien visant à créer une sorte de ceinture de sécurité limitrophe au Golan, tenue par une milice syrienne supplétive «d'Israël». Dans ce cadre, le quotidien libanais As Safir rapporte, mardi, que les Israéliens auraient choisi le capitaine syrien dissident Charif Safouri pour diriger cette milice.
Dans le même temps, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel révélait que l'Allemagne avait acheminé, depuis 2011, de grandes quantités d'armes ukrainiennes aux rebelles en Syrie.
Toujours dans l'objectif de semer le désordre et l'insécurité à la veille des élections présidentielles, les rebelles multiplient le bombardement de Damas. Mardi, la chute de plusieurs obus sur un institut technique à Chaghour à fait 12 morts et une cinquantaine de blessés.
En dépit de ces gesticulations militaires de la part des rebelles, le rapport de force penche irrémédiablement en faveur de l'armée syrienne et de ses alliés. Les offensives d'Alep et de Lattaquié ne parviendront pas à compenser la perte de la région stratégique de Qalamoun, qui a permis de verrouiller la frontière avec le Liban; et encore moins à faire oublier la situation désespérée des 1500 rebelles totalement encerclés dans le Vieux Homs, où l'armée progresse tous les jours. Pendant ce temps, l'offensive lancée contre Mliha, considérée comme le verrou de la Ghouta orientale, a permis à l'armée de progresser, de même qu'à Jobar, à l'est de Damas.
D'ici au 3 juin, l'armée syrienne va poursuivre sa progression sur tous les fronts. Le scrutin se déroulera dans près de la moitié du pays, où vivent 16 millions de Syriens, sous l'autorité de leur Etat. Tous les chefs-lieux des provinces sont aux mains des autorités, à l'exception de Raqqa, occupée par Daech, et des quartiers Est d'Alep.
Fort d'une légitimité reconfirmée, Bachar al-Assad poursuivra alors le nettoyage des autres régions du pays, devenues un sanctuaire pour les terroristes venus de 80 pays, y compris d'une trentaine d'Etat occidentaux. 

Source : Al-Ahednews

 

29-04-2014 | 16:04
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